Côte d’Ivoire / Riziculture intelligente : le FONSTI engage la riposte scientifique pour une souveraineté alimentaire durable

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Dans un contexte de pression climatique accrue et de dépendance persistante aux importations de riz, la recherche scientifique ivoirienne monte au front. À l’Université Nangui Abrogoua (UNA), le Fonds pour la science, la technologie et l’innovation (FONSTI) a officiellement lancé, jeudi 23 avril 2026, un projet d’envergure régionale visant à transformer durablement la riziculture dans le bassin de la Comoé.

Une réponse scientifique aux défis climatiques

Baptisé « Développer une riziculture intelligente face au climat (DRIC) », ce projet de recherche N°71 entend concilier augmentation des rendements et réduction de l’empreinte environnementale. Porté par le Dr Koné Tchoa de l’UNA et le Pr Ouédraogo Oumarou de l’Université Joseph Ki-Zerbo, sous la supervision du Pr Koné Mongomaké, il s’inscrit dans une dynamique de coopération entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, notamment dans les zones d’Abengourou et de Banfora.

À l’ouverture de l’atelier, le Pr Eric Koffi, représentant la présidente de l’UNA, a salué une initiative structurante. « Ce projet permettra d’obtenir des données précises et utiles. Il traduit notre engagement à produire une recherche de qualité, tout en formant des compétences capables de répondre aux défis agricoles actuels », a-t-il affirmé.

Innover pour produire plus et mieux

Face aux effets du changement climatique – hausse des températures, irrégularité des pluies et dégradation des pratiques culturales – le coordonnateur du projet, Dr Koné Tchoa, plaide pour une révolution des méthodes. « Il est impératif de développer une riziculture climato-intelligente afin d’accroître la productivité tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre », a-t-il indiqué.

Le projet mise ainsi sur des techniques innovantes, notamment l’irrigation intermittente et une utilisation efficiente des fertilisants. « Nous visons à améliorer les rendements tout en limitant les émissions de méthane et de protoxyde d’azote », a précisé le chercheur. Au-delà de l’aspect technique, le DRIC entend également analyser les perceptions des acteurs, modéliser les rendements et renforcer les capacités des producteurs locaux.

Vers un modèle agricole durable et adapté

L’ambition du projet dépasse la simple expérimentation scientifique. « Il ne s’agit pas seulement de mesurer des gaz, mais de construire un modèle de riziculture durable, adapté aux réalités locales », a insisté Dr Koné Tchoa. Une approche intégrée qui vise à produire davantage, tout en préservant les écosystèmes et en consolidant les savoir-faire locaux.

La souveraineté alimentaire en ligne de mire

Représentant le secrétaire général du FONSTI, le Pr Konin Séverin a rappelé l’urgence stratégique. « Ce projet n’est pas un projet de plus, c’est une réponse scientifique, stratégique et concrète à une problématique nationale », a-t-il déclaré.

Avec près de 600 milliards de FCFA consacrés en 2024 à l’importation de riz, la Côte d’Ivoire demeure fortement dépendante de l’extérieur. « La recherche scientifique n’est plus un luxe, elle constitue un levier de souveraineté », a-t-il martelé.

Financé à hauteur de 25 millions de FCFA, le projet DRIC ouvre ainsi la voie à une agriculture résiliente, compétitive et respectueuse du climat, au service du développement durable.

Josué Koffi

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