Côte d’Ivoire/SNET: Faire de l’enseignement technique le moteur de l’industrie ivoirienne !

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Dans une atmosphère mêlant ambition et pragmatisme, le Lycée Technique d’Abidjan s’est imposé, ce samedi 25 avril 2026, comme l’épicentre d’une vision nouvelle pour la Côte d’Ivoire. À l’occasion de la session inaugurale du Salon National de l’Enseignement Technique (SNET), autorités gouvernementales, experts et acteurs du secteur ont convergé vers un objectif commun qui est de faire de la formation technique le socle de l’industrialisation nationale. La présence du Premier ministre, Dr Beugré Mambé, et du Vice-Premier ministre, Téné Birahima Ouattara, a donné un cachet particulier à cette cérémonie marquée par la signature du Pacte Industrie–Enseignement Technique.

Au cœur des échanges, une ambition forte : porter à 15 % le taux d’orientation des jeunes vers l’enseignement technique d’ici 2030. Un défi de taille dans un pays où les filières générales dominent encore largement. « Il est temps de réconcilier l’école avec l’emploi », a confié un responsable du secteur, saluant l’engouement croissant de la jeunesse pour les métiers techniques, désormais perçus comme des leviers d’insertion rapide et durable.

En marge de la cérémonie, l’ingénieur de l’enseignement technique, Anem Doukoua Adolphe, a levé le voile sur une approche pédagogique innovante. Ici, la formation sort des sentiers battus. « Nous avons condensé trois années de formation en Brevet de Technicien (BT) en seulement deux mois intensifs, suivis d’un stage pratique en entreprise », explique-t-il. Une méthode qui surprend, mais qui fait ses preuves. « Les partenaires sont étonnés de voir des apprenants opérationnels en si peu de temps », ajoute-t-il.

Cette pédagogie repose sur une immersion totale dans la pratique. « Un enseignant ne peut transmettre efficacement s’il n’a jamais manipulé. La technique ne s’apprend pas uniquement dans les livres », insiste-t-il, pointant les limites d’un enseignement trop théorique.

Le modèle repose également sur une forte implication des entreprises partenaires. Face aux réalités du terrain, la durée des stages a été revue à la hausse. « Un mois ne suffisait pas. Désormais, nous tendons vers trois mois de formation et trois mois en entreprise », précise l’ingénieur. Une immersion prolongée qui permet aux apprenants de mieux appréhender les exigences professionnelles, notamment dans des domaines pointus comme la maintenance des climatiseurs à technologie inverter.

« Aujourd’hui, nos apprenants sont capables de diagnostiquer une panne à partir d’un simple code affiché sur une télécommande », souligne-t-il, mettant en avant l’intégration de modules d’électronique appliquée.

Au-delà des compétences techniques, la formation repose sur une discipline stricte. « Ici, c’est presque un camp militaire. L’assiduité et la rigueur sont non négociables », martèle-t-il. Sur des centaines de candidatures, seuls les meilleurs profils sont retenus, garantissant ainsi une formation d’excellence.

Les résultats sont déjà visibles. Plusieurs apprenants ont intégré des entreprises ou occupent des postes à responsabilité. « Certains de nos anciens encadrent aujourd’hui des ingénieurs », se réjouit-il.

Fort de ce succès, le programme envisage de s’étendre à d’autres secteurs, notamment l’automobile dès 2027. Une diversification qui confirme la volonté de faire de l’enseignement technique un véritable vivier de compétences pour l’économie ivoirienne.

À travers cette initiative, la Côte d’Ivoire trace les contours d’un modèle éducatif résolument tourné vers l’emploi et l’innovation. Un signal fort envoyé à toute une génération en quête d’opportunités concrètes.

Roy Armel

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