Face aux inondations meurtrières, à l’érosion côtière qui grignote les rivages et aux perturbations croissantes des saisons agricoles, la Côte d’Ivoire entend transformer l’urgence climatique en opportunité de développement durable. Le gouvernement a réaffirmé, mardi, sa détermination à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 33,07 % à l’horizon 2035, tout en renforçant la résilience des populations face aux effets du dérèglement climatique.

Cette ambition a été portée par le coordonnateur du Programme national changements climatiques (PNCC), Mohamed Sanogo, lors de la tribune d’échanges « Tout Savoir Sur », organisée par le Centre d’Information et de Communication Gouvernementale (CICG).
Longtemps perçu comme un défi lointain, le changement climatique s’impose désormais comme une réalité quotidienne pour les populations ivoiriennes. Des pluies diluviennes aux vagues de chaleur, en passant par les sécheresses localisées et la montée du niveau de la mer, les conséquences se font sentir dans toutes les régions du pays.
« Les changements climatiques ne sont plus une menace abstraite. Ils affectent directement nos villes, nos villages, notre agriculture, notre santé et notre développement économique », a souligné Mohamed Sanogo.
Selon lui, la Côte d’Ivoire figure parmi les pays particulièrement vulnérables aux effets du réchauffement climatique, ce qui justifie la mise en œuvre de politiques publiques ambitieuses dans ce domaine.

Pour répondre à ces défis, le gouvernement multiplie les investissements dans plusieurs secteurs stratégiques. L’énergie, l’agriculture durable, la gestion des ressources naturelles, l’assainissement urbain, la protection du littoral et la prévention des catastrophes figurent parmi les priorités nationales.
Parmi les actions concrètes engagées, figurent le renforcement des systèmes d’alerte précoce contre les inondations, la réalisation d’ouvrages de drainage urbain, la restauration des paysages forestiers et la promotion d’une agriculture intelligente face au climat.
« L’adaptation est devenue une nécessité. Nous devons protéger les populations les plus exposées tout en préservant les bases de notre croissance économique », a insisté le coordonnateur du PNCC.
Autre axe majeur de la stratégie gouvernementale : la restauration du couvert forestier national. Le pays ambitionne d’atteindre 20 % de couverture forestière du territoire à l’horizon 2030.

Cette dynamique mobilise l’État, les collectivités territoriales, le secteur privé, les organisations de la société civile ainsi que les communautés locales.
Pour les autorités, la préservation des forêts constitue un levier essentiel dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et la protection de la biodiversité.
Sur la scène internationale, la Côte d’Ivoire renforce également son leadership climatique. Grâce à une diplomatie active, le pays mobilise d’importants financements destinés à soutenir les projets verts et les programmes d’adaptation.
« La Côte d’Ivoire a un besoin de financement estimé à 16 milliards de dollars. En 2024, cinq milliards de dollars ont déjà pu être mobilisés », a révélé Mohamed Sanogo.
Au-delà des chiffres, le message du gouvernement est clair : la lutte contre le changement climatique ne peut être gagnée sans l’implication de tous. État, collectivités, entreprises et citoyens sont appelés à unir leurs efforts pour bâtir une Côte d’Ivoire plus résiliente, plus verte et mieux préparée aux défis environnementaux du XXIe siècle.
Josué Koffi

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