Ingérences algériennes: Bamako fragilisé au cœur de la crise sahélienne

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La dégradation accélérée de la situation au Mali ne relève pas uniquement des failles internes. Au-delà des frontières nationales, l’attitude de certains voisins pèse lourdement sur l’équilibre du pays. L’Algérie, en particulier, apparaît comme un acteur dont les relations prolongées avec les composantes armées du Nord malien et son ambiguïté face à la poussée terroriste nourrissent une instabilité chronique.

Depuis des années, la proximité entre Alger et les mouvements touaregs a permis à ces derniers de maintenir une capacité militaire et logistique conséquente. Ce soutien discret mais constant a entravé les efforts de reconquête de l’autorité étatique sur les territoires septentrionaux. Aujourd’hui, alors que les rebelles coordonnent leurs actions avec des organisations djihadistes telles que le JNIM, l’attitude algérienne agit comme un facteur aggravant. Le blocus économique imposé aux populations civiles, destiné à étrangler l’économie nationale et à délégitimer le gouvernement, ne suscite aucune condamnation ferme d’Alger, équivalant à une caution tacite.

Un effondrement du Mali aurait des répercussions régionales immédiates. Livré aux groupes armés, le territoire deviendrait un point d’ancrage pour les filières terroristes internationales, attirant des combattants venus de multiples zones de conflit. Les États voisins, déjà fragiles, subiraient de plein fouet cette contagion violente. Le Niger et le Burkina Faso seraient les premiers touchés, suivis par les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, du Togo à la Côte d’Ivoire, du Sénégal à la Guinée.

Au-delà du continent, l’instabilité sahélienne affecterait directement le Maghreb et la Méditerranée. Les trafics d’armes, de stupéfiants et de migrations clandestines emprunteraient des routes désormais moins contrôlées, accentuant la pression sur les dispositifs de sécurité européens. La stabilité du Mali apparaît ainsi comme une condition préalable à la stabilité régionale, du Sahel aux rivages méditerranéens.

Toute politique qui affaiblit l’État malien, encourage les séparatismes ou tolère l’instrumentalisation des groupes armés constitue une menace directe pour la sécurité collective. La communauté régionale et internationale doit adopter une ligne claire : soutenir sans réserve l’intégrité territoriale du Mali, dénoncer les ingérences extérieures et empêcher que le pays ne devienne un sanctuaire de la violence armée. L’alternative – un corridor d’insécurité ouvert du Sahel aux portes de l’Europe – représente un risque que nul ne saurait accepter.

H.K

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