Vridi-Plage : les déguerpis crient à l’injustice et exigent toute la lumière sur la démolition de leur quartier

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1 mois après la destruction de Vridi-Plage, la colère des habitants ne faiblit pas. Réunis en conférence de presse, jeudi 9 juillet 2026, les membres du Comité de crise des déguerpis de Vridi-Plage ont dénoncé ce qu’ils qualifient d’« abus » et de « ruse », tout en appelant la justice à établir les responsabilités dans cette affaire qui a plongé des milliers de familles dans la précarité.

Face aux journalistes, le porte-parole du comité, Bandé Karamoko, a retracé l’histoire de Vridi-Plage, anciennement appelé Campement TP. Selon lui, cette localité est occupée depuis les années 1940 par d’anciens agents des Travaux publics, dont les descendants continuent d’y vivre depuis plusieurs générations.

« Nous ne sommes pas des occupants de circonstance. Nos parents ont bâti ce quartier depuis les années 1940. Aujourd’hui, nous avons été privés de notre cadre de vie sans que nos droits ne soient respectés », a déclaré Bandé Karamoko.

Selon le comité, cette communauté historique a été brutalement déracinée après les opérations de démolition menées les 8 et 9 juin 2026.

Le porte-parole a expliqué qu’en décembre 2025, un nommé Ahobaut Vincent de Paul aurait transmis aux habitants, par voie électronique, une copie d’une décision de justice indiquant qu’une partie du quartier lui appartenait.

Quelques mois plus tard, précisément le 7 avril 2026, Dogbo Augustin, se présentant comme chef de terre, aurait adressé une mise en demeure aux occupants, leur demandant de quitter une superficie de 1 772 m² dans un délai de trois semaines avant le bornage du site.

Estimant cette procédure irrégulière, les habitants affirment avoir formé opposition, par l’intermédiaire d’un commissaire de justice, le 21 mai 2026.

« Nous avons utilisé toutes les voies légales à notre disposition. Malgré cela, nos démarches n’ont pas empêché la destruction de nos maisons », a soutenu Bandé Karamoko.

Selon le Comité de crise, après la diffusion d’une vidéo alertant sur un éventuel déguerpissement, plusieurs habitants auraient reçu des appels anonymes annonçant une évacuation imminente.

Le 8 juin 2026, la zone visée par la mise en demeure a été détruite, avant que l’ensemble de Vridi-Plage ne soit entièrement rasé le lendemain.

Le comité estime que cette opération présente de fortes similitudes avec le précédent déguerpissement de Koumassi Campement. Ses responsables disent également constater, depuis les démolitions, des mouvements de personnes aux « allures douteuses » sur le site, nourrissant leurs interrogations sur les motivations réelles de cette opération.

Déterminés à obtenir réparation, les responsables du comité indiquent avoir saisi le procureur de la République d’une plainte. Ils saluent l’ouverture d’une enquête par le parquet, qu’ils considèrent comme une étape importante vers la manifestation de la vérité.

« Nous faisons confiance à la justice. Nous souhaitons que toute la lumière soit faite, que les responsabilités soient situées et que les victimes retrouvent leurs droits », a insisté Bandé Karamoko.

Avant de clore la rencontre, le porte-parole a lancé un appel aux médias afin qu’ils continuent de relayer le combat des familles sinistrées, tout en réaffirmant leur volonté de poursuivre toutes les procédures légales pour obtenir justice.

Josué Koffi

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