Derrière les flacons, crèmes et autres produits d’hygiène corporelle exposés dans les rayons et marchés, une inquiétude grandit. En Côte d’Ivoire, 2 639 produits cosmétiques et d’hygiène corporelle identifiés comme présentant un risque élevé sont désormais au cœur d’une bataille judiciaire. Face à cette situation, le Collectif des ONG de lutte contre la dépigmentation artificielle et les produits cosmétiques et d’hygiène corporelle non conformes, conduit par son porte-parole Marcellin Doh, a décidé de saisir la justice.

Des chiffres qui interpellent
Dans une plainte adressée au procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan, le collectif sollicite l’ouverture d’une enquête sur la gestion de ces produits par l’Autorité ivoirienne de Régulation pharmaceutique (AIRP).
Selon les informations rapportées par les ONG et attribuées à l’AIRP, 11 849 produits auraient été recensés auprès de 1 140 opérateurs. Parmi eux, 2 639 produits présenteraient un risque élevé. Un chiffre jugé suffisamment préoccupant par Marcellin Doh et les organisations membres du collectif pour réclamer des explications publiques et judiciaires.
Pourquoi ces produits circulent-ils encore ?
C’est l’une des principales questions posées par les plaignants. Le collectif veut comprendre comment des produits identifiés comme présentant des risques ont pu continuer, selon lui, à être accessibles aux consommateurs.

Les ONG demandent également à la justice de déterminer pourquoi l’identification complète des 2 639 produits concernés n’aurait pas été rendue accessible au public. Elles souhaitent connaître les opérateurs impliqués, les éventuelles sanctions prononcées ainsi que les mesures prises pour empêcher la poursuite de la commercialisation des produits concernés.
Les éventuelles victimes au centre des préoccupations
Au-delà des responsabilités administratives ou commerciales, le collectif souhaite que la justice établisse l’existence d’éventuels préjudices subis par des consommateurs.
Si des dommages sont constatés, les ONG demandent que les responsabilités soient clairement établies et que les victimes puissent obtenir réparation. « Une alerte portant sur un risque sanitaire ne devrait pas être assimilée à une infraction », soutient en substance Marcellin Doh, qui entend ainsi replacer le débat sur le terrain de la protection de la santé publique.
Un bras de fer qui prend une tournure judiciaire
Cette plainte intervient dans un climat déjà tendu entre certaines organisations de la société civile et la direction générale de l’AIRP. Le collectif fait notamment état de poursuites engagées par le directeur général de l’autorité contre certains acteurs à la suite de leurs alertes.

Pour Marcellin Doh, la démarche engagée devant le parquet ne vise pas un opérateur économique particulier. Elle cherche plutôt à obtenir des réponses sur une question qui touche directement à la sécurité des consommateurs.
La justice appelée à faire toute la lumière
À travers cette saisine, le collectif demande donc à la justice d’établir les responsabilités éventuelles et de tirer toutes les conséquences prévues par la loi si des faits répréhensibles venaient à être établis. Il se réserve également la possibilité de solliciter la réparation des préjudices qui pourraient être constatés.
Derrière le chiffre de 2 639 produits, c’est finalement la confiance du consommateur qui se trouve posée. Entre exigences de transparence, responsabilité des opérateurs et devoir de protection sanitaire, la justice est désormais appelée à démêler les fils d’un dossier qui pourrait avoir de lourdes conséquences sur le marché des produits cosmétiques en Côte d’Ivoire.
Josué Koffi

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