Salma Bakhta Mansouri, le visage de la nouvelle diplomatie algérienne à Abidjan

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À seulement 39 ans, Salma Bakhta Mansouri incarne une nouvelle génération de diplomates algériens. Derrière cette jeunesse se cache pourtant un parcours dense, forgé au sein de la diplomatie algérienne, des Nations unies et des grandes institutions internationales.

Légende : SEM. Salma Bakhta Mansouri est une diplomate chevronnée qui connaît bien les enjeux de développement en Afrique.

« Sa nomination comme ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire d’Algérie en Côte d’Ivoire n’a rien d’anodin. Elle traduit la volonté d’Alger de faire d’Abidjan l’un des points d’ancrage de sa stratégie africaine », explique une source diplomatique.

Née le 16 avril 1987, Salma Bakhta Mansouri est diplômée de l’École nationale d’administration (ENA) d’Alger, section diplomatique.

Elle est également titulaire d’un Master II en relations internationales, spécialité sécurité internationale et défense, obtenu à l’Université Jean-Moulin Lyon III, en France.

Une formation complétée par plusieurs certifications de haut niveau, notamment en droit international humanitaire à l’Université Harvard, en maintien de la paix, en droit des réfugiés et en gouvernance internationale.

Sa carrière débute au ministère algérien des Affaires étrangères, à la direction des affaires politiques et de la sécurité internationale.

Elle rejoint ensuite la mission permanente de l’Algérie auprès des Nations unies à New York comme première secrétaire, avant d’occuper plusieurs fonctions de premier plan au sein de l’ONU au Mali, puis au Haut-Commissariat aux droits de l’Homme à Genève.

Ces responsabilités la conduisent à piloter des programmes liés à la justice transitionnelle, aux droits humains et au renforcement des forces de défense au Sahel, notamment en Mauritanie, au Niger et au Tchad.

En 2024, Alger lui confie l’ambassade au Burkina Faso, pays au cœur des défis sécuritaires sahéliens.

Quelques mois plus tard, elle est promue secrétaire d’État chargée des Affaires africaines, devenant l’une des principales chevilles ouvrières de la diplomatie algérienne sur le continent.

Depuis cette fonction, elle multiplie les initiatives au sein de l’Union africaine, défendant une approche qui associe sécurité, développement et dialogue politique pour lutter contre le terrorisme et les crises africaines.

« Son arrivée à Abidjan constitue donc un signal politique fort. L’Algérie ne se contente plus d’entretenir des relations protocolaires avec la Côte d’Ivoire ; elle choisit d’y déployer l’une de ses diplomates les plus expérimentées sur les questions africaines », commente notre source.

Ce choix intervient alors que les échanges économiques s’intensifient, que les défis sécuritaires se multiplient dans le golfe de Guinée et que les deux pays affichent une convergence croissante sur les grands dossiers continentaux.

« En diplomatie, le profil d’un ambassadeur est souvent révélateur des priorités d’un État. Je pense que En confiant sa représentation à Salma Bakhta Mansouri, spécialiste reconnue des enjeux africains, du Sahel et du multilatéralisme, Alger veut faire de la Côte d’Ivoire est désormais un partenaire stratégique de premier plan dans sa politique africaine », poursuit notre source.

Une orientation appelée à renforcer aussi bien les échanges économiques que la coopération politique et sécuritaire entre les deux pays.

F.Y.K

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ENCADRE 3: Une voix engagée en faveur des intérêts du Sud


La coopération Sud-Sud constitue, depuis l’indépendance, un axe majeur de la politique étrangère de l’Algérie. Cette orientation repose sur une diplomatie active dans les grandes enceintes multilatérales, où Alger s’est régulièrement employée à porter les préoccupations des pays du Sud, notamment africains.
Cette vocation s’est construite dans le prolongement de l’histoire de l’Algérie indépendante et de son engagement en faveur des mouvements de libération.

À l’ONU comme au sein du Mouvement des non-alignés et du Groupe des 77, Alger a défendu les principes de souveraineté, de décolonisation, d’égalité entre les États et d’un ordre international plus favorable aux pays en développement.

Le rôle joué par l’Algérie dans le développement du groupe des 77 est à cet égard significatif. La première réunion ministérielle du groupe s’est tenue à Alger en 1967, avec l’adoption de la charte d’Alger, qui a contribué à structurer les revendications collectives du Sud dans les négociations internationales.

La lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud constitue l’un des exemples les plus emblématiques de cette diplomatie.

En 1974, alors que l’Algérie présidait l’Assemblée générale des Nations unies, Abdelaziz Bouteflika, alors ministre algérien des Affaires étrangères et président de l’Assemblée générale, a joué un rôle dans la procédure concernant les pouvoirs de la délégation sud-africaine.

L’Assemblée générale avait parallèlement adopté une résolution sur les relations entre l’ONU et l’Afrique du Sud.

Même si l’expulsion formelle de l’Afrique du Sud de l’ONU en 1975 n’a pas eu lieu, Pretoria a été privée de sa participation effective aux travaux de l’Assemblée générale, signe de la grande portée politique de l’engagement algérien aux côtés de la cause anti-apartheid.

Cette solidarité s’est également traduite dans le domaine de l’éducation. L’Algérie accueille depuis plusieurs décennies des étudiants africains dans ses universités et établissements de formation.

En décembre 2024, le président Abdelmadjid Tebboune indiquait que près de 6 000 étudiants africains étudiaient en Algérie et annonçait la mise à disposition annuelle de 2 000 bourses dans l’enseignement supérieur et de 500 dans la formation professionnelle.

La coopération algéro-africaine a toujours gardé une dimension politique et humaine, appelée à nourrir également les relations entre Alger et Abidjan.

F.Y.K

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