Dans une salle où se croisent les enjeux de santé mondiale, les préoccupations ivoiriennes et les décisions prises à Washington, un message s’est imposé, mercredi 19 août à Abidjan : face aux maladies, aucun pays ne peut avancer seul. Le Système des Nations Unies en Côte d’Ivoire, la United Nations Foundation (UNF), des collaborateurs du Congrès des États-Unis et le gouvernement ivoirien ont affiché leur volonté de consolider les acquis et de renforcer les investissements dans le système de santé.

Une mission au cœur des priorités sanitaires
Arrivée en Côte d’Ivoire dans le cadre d’une mission entamée à Copenhague, la délégation de la United Nations Foundation et du Congrès américain a rencontré l’Équipe pays du Système des Nations Unies, avant d’être reçue au ministère de la Santé par le ministre Pierre N’Gou Dimba.

Pour Hélène N’Garnim-Ganga, Coordonnatrice résidente des Nations Unies en Côte d’Ivoire, cette visite constitue une occasion de mettre en lumière « le travail commun des Nations Unies sur les questions de santé en Côte d’Ivoire » et la complémentarité des différentes agences.
Chris Moore, Executive Director, Global Health Advocacy à la United Nations Foundation, a expliqué l’enjeu de cette démarche. « Nous avons de temps à autre l’occasion d’amener de grands décideurs de Washington pour constater de visu certains de ces programmes, voir comment ils fonctionnent sur le terrain », a-t-il souligné.

Des progrès salués dans la lutte contre les maladies
Le Ministre de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle, Pierre N’gou Dimba, a rappelé l’importance du partenariat avec les États-Unis, notamment dans la lutte contre le VIH/SIDA. Selon lui, la prévalence est passée, en moins de quinze ans, de près de 5 % à 1,6 %.

Le ministre a également relevé les progrès enregistrés dans la lutte contre le paludisme et la vaccination. « La prévention, pour nous, c’est une stratégie très importante pour que la santé des Ivoiriens soit la plus aboutie possible », a-t-il insisté.
Pour la délégation américaine, les avancées sont également visibles dans la vaccination, la santé maternelle et infantile ainsi que la surveillance des maladies.
Investir davantage pour consolider les acquis

Au-delà des résultats, les échanges ont permis d’identifier les défis à venir : financement durable de la santé, soins de santé primaires, ressources humaines, chaînes d’approvisionnement, systèmes d’information sanitaire et transformation numérique.

Le Ministre Pierre Dimba l’a rappelé : « La santé mondiale est l’affaire de tous », car « les maladies n’ont pas de frontières ». Une réalité qui justifie, selon lui, la poursuite d’une coopération étroite avec les États-Unis, les Nations Unies, le Fonds mondial et Gavi.
Chris Moore a, lui, salué les efforts ivoiriens et assuré que la délégation souhaitait « trouver des moyens de continuer à développer ces progrès ».
Washington appelé à poursuivre son engagement

Cette visite intervient dans un contexte de mutation des financements extérieurs, notamment avec l’évolution des financements de Gavi et du Fonds mondial. L’enjeu est désormais de renforcer progressivement les capacités nationales et la mobilisation des ressources domestiques.




Pour les représentants américains, les conseillers du Congrès présents à Abidjan pourront désormais témoigner directement, à Washington, des avancées et des besoins observés sur le terrain.




Ainsi, entre acquis à préserver et défis à relever, la mission aura surtout permis de rappeler une évidence : en matière de santé, la solidarité internationale n’est pas seulement un partenariat, mais une nécessité face à des menaces qui ignorent les frontières.





Josué Koffi

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