Sous les lustres de l’hôtel Ivotel d’Abidjan-Plateau, les acteurs de la filière café-cacao ont donné, ce jeudi 18 juin 2026, un signal fort en faveur d’une gouvernance plus structurée et d’une meilleure défense des intérêts des producteurs. À l’occasion de sa première Assemblée générale mixte, l’Organisation Interprofessionnelle Agricole de la filière Café-Cacao (OIA Café-Cacao) a adopté à l’unanimité une série de décisions stratégiques, dont la mise en place d’un mécanisme de financement autonome estimé à 15,8 milliards de FCFA. Une étape fondatrice pour cette jeune institution qui ambitionne de devenir la voix unifiée de l’ensemble des familles professionnelles du secteur.

Au-delà des chiffres et des résolutions, cette rencontre a surtout traduit la volonté des acteurs de bâtir une interprofession forte, capable de répondre aux défis de la commercialisation, de la gestion des stocks et de l’amélioration des conditions de vie des producteurs, dans un contexte marqué par les mutations du marché mondial du cacao.
Les délégués ont adopté à l’unanimité plusieurs résolutions majeures destinées à renforcer la gouvernance, le financement et la représentativité de la principale filière agricole du pays.
Dans une ambiance studieuse et consensuelle, les acteurs du secteur ont examiné et validé le bilan moral et financier de l’organisation, approuvé son budget 2026-2027 ainsi que les modalités de mise en œuvre de la Cotisation Volontaire Obligatoire (CVO), appelée à constituer le socle du financement durable de l’institution.

Pour Obed Blondé-Doua, troisième vice-président et porte-parole de l’OIA Café-Cacao, cette première assemblée générale répond avant tout à une exigence de bonne gouvernance.
« Nous sommes une institution jeune, créée le 3 décembre dernier. Il était important de soumettre à l’Assemblée générale, qui est souveraine, l’ensemble des diligences engagées par le Conseil d’administration. Tous les points examinés aujourd’hui ont été adoptés à l’unanimité, preuve de la confiance des acteurs envers la vision portée par l’OIA », a-t-il déclaré.
Le responsable a également salué l’accompagnement constant de l’État ivoirien, du ministère de l’Agriculture et du Conseil du Café-Cacao dans le processus de mise en place de l’organisation.
L’un des moments forts de la rencontre a porté sur l’adoption du mécanisme de la Cotisation Volontaire Obligatoire. Présentée comme un outil essentiel pour assurer l’indépendance financière de l’OIA, la CVO permettra de mobiliser un budget prévisionnel de 15,8 milliards de FCFA.

Selon les explications fournies lors des travaux, ce financement reposera sur un prélèvement évalué à 10 FCFA par kilogramme de cacao et de café commercialisé, avec une base taxable prudente de 1,56 million de tonnes de cacao et 20 000 tonnes de café.
« Nous avons privilégié une approche réaliste qui garantit à l’interprofession les moyens nécessaires pour accomplir ses missions au service des producteurs », ont expliqué les responsables de l’organisation.
Autre dossier au cœur des débats : la gestion des stocks résiduels de cacao détenus par certains producteurs et coopératives.
Obed Blondé-Doua a indiqué que les 23 000 tonnes initialement attribuées à l’OIA ont été totalement écoulées. Toutefois, plusieurs chargements n’ayant pas satisfait aux normes requises ont été refoulés.
« Nous poursuivons les discussions avec le Conseil du Café-Cacao afin que ces volumes puissent être réaffectés aux coopératives et producteurs qui disposent encore de stocks. Notre priorité demeure la protection des intérêts des planteurs », a-t-il assuré.
Clôturant les travaux, le président de l’OIA Café-Cacao, Diakité Siaka, a tenu à remercier le Président de la République, Alassane Ouattara, pour les mesures prises en faveur des producteurs.
« Nous avançons progressivement, mais sûrement. L’État est à nos côtés et nous continuons de travailler pour trouver des solutions aux préoccupations des producteurs, notamment celles liées aux stocks encore disponibles dans les villages », a-t-il souligné.
Le président de l’OIA a également salué l’engagement des délégués, administrateurs et partenaires institutionnels qui accompagnent la jeune organisation dans sa mission de défense des intérêts de la filière.

Avec l’adoption de ses principaux instruments de gouvernance et de financement, l’OIA Café-Cacao amorce ainsi une nouvelle phase de son développement, portée par l’ambition de renforcer durablement la compétitivité et la résilience de la première richesse agricole de la Côte d’Ivoire.
Par ailleurs, il convient de noter que plusieurs protocoles d’accord ont été paraphé entre les premiers responsables de cette organisation.
Josué Koffi

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