Face aux défis du changement climatique, à l’appauvrissement progressif des sols et à la nécessité d’assurer la sécurité alimentaire des populations, la recherche scientifique se positionne plus que jamais comme un levier stratégique de développement. À Korhogo, l’Université Peleforo Gon Coulibaly (UPGC) vient d’en donner une illustration concrète en lançant un ambitieux projet de recherche destiné à améliorer durablement la production du manioc et du maïs dans le Nord de la Côte d’Ivoire grâce à l’utilisation de rhizobactéries aux propriétés bénéfiques.

La cérémonie officielle de lancement s’est tenue le jeudi 18 juin 2026 à la bibliothèque de l’UPGC, en présence des autorités administratives, universitaires, des chercheurs, des partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs du monde agricole.
Porté par l’UPGC avec l’appui du Fonds pour la Science, la Technologie et l’Innovation (FONSTI), le projet intitulé « Impact de quelques rhizobactéries à potentiel phytobénéfique sur l’optimisation de la production quantitative et qualitative de façon durable du manioc et du maïs au Nord de la Côte d’Ivoire » ambitionne de proposer des alternatives durables à l’utilisation excessive des intrants chimiques.
Représentant le préfet de la région du Poro, préfet du département de Korhogo, le sous-préfet de Korhogo, Soumahoro Moussa, a salué une initiative qui place la science au service des préoccupations des populations.
« Les résultats attendus de cette recherche devront contribuer à proposer des solutions adaptées aux réalités des producteurs et favoriser une agriculture plus résiliente et respectueuse de l’environnement », a-t-il déclaré.
Selon lui, ce projet constitue une réponse pertinente aux enjeux liés à l’amélioration des rendements agricoles, à la préservation des terres cultivables et au renforcement de la sécurité alimentaire.
Représentant le député-maire de Korhogo, Ouattara Lacina, le conseiller Traoré Yacouba a insisté sur l’importance stratégique des deux spéculations concernées.
« Le manioc et le maïs constituent des piliers importants de l’agriculture vivrière et de la sécurité alimentaire en Côte d’Ivoire. Trouver des solutions durables pour améliorer leur productivité représente un enjeu majeur face aux défis liés au changement climatique et à la croissance démographique », a-t-il affirmé.
Il a rappelé que l’amélioration de la productivité agricole doit aller de pair avec la protection de l’environnement et la résilience des systèmes de production.
Au nom de la présidente de l’UPGC, le vice-président Professeur Adonis Kouamé a souligné que ce projet traduit la volonté de l’université de mettre son expertise scientifique au service du développement local.
L’étude vise notamment à identifier et caractériser des bactéries naturellement présentes dans les sols agricoles capables de stimuler la croissance des cultures, de protéger les plantes contre certaines maladies et de réduire le recours aux fertilisants chimiques.
Pour le représentant du FONSTI, Professeur Dayoro Arnaud Kevin, l’initiative s’inscrit parfaitement dans la mission de l’institution.
« Ce projet combine la recherche fondamentale, l’expérimentation agronomique et le transfert de technologies vers les producteurs », a-t-il expliqué.
Les travaux de recherche prévoient des expérimentations sur le manioc et le maïs ainsi que la formation d’une coopérative agricole à l’utilisation de ces nouvelles technologies biologiques.
À terme, les responsables du projet espèrent contribuer à la réduction d’au moins 25 % de l’utilisation des intrants chimiques, à la restauration de la fertilité des sols et à l’amélioration durable des rendements agricoles.
À travers cette initiative innovante, l’UPGC et le FONSTI démontrent que la science peut être un puissant moteur de transformation agricole. Un pari qui pourrait, demain, faire du Nord ivoirien un laboratoire de référence en matière d’agriculture durable et de sécurité alimentaire.
Ibo François
Envoyé Spécial à Korogho

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