Sports et politique en Côte d’Ivoire : quand la loi impose ses lignes de démarcation

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En Côte d’Ivoire, la frontière entre pouvoir administratif et gouvernance sportive se redessine avec rigueur. L’article 45 de la loi N°2014-856 du 22 décembre 2014 pose une règle claire : « l’exercice des fonctions administratives au sein du Ministère en charge des Sports est incompatible avec les fonctions électives ou de dirigeant au sein de fédérations sportives ».
Une disposition destinée à assurer neutralité, éthique et transparence dans la gestion du sport national.

Cette loi ne s’applique pas à tous les agents du ministère, mais uniquement aux détenteurs de hautes fonctions administratives. Sont visés : les membres du Cabinet, les Directeurs Généraux, les Directeurs Centraux, les Sous-Directeurs ou encore les Chefs de service nommés par décret ou arrêté.
À l’inverse, « tout agent ou fonctionnaire n’occupant aucune de ces fonctions échappe à l’application de cette incompatibilité », précise le Professeur Yao N’Guessan Alfred, Directeur de Cabinet du Ministère des Sports.

Sur le terrain, cette règle n’est pas qu’un simple texte, elle questionne les ambitions personnelles. Certains cadres rêvent de diriger des fédérations sportives tout en servant l’État. Mais la loi est catégorique.
« On ne peut pas être arbitre et joueur à la fois », lâche un ancien dirigeant sportif, pour illustrer le risque de conflits d’intérêts.

Cependant, la loi ne ferme pas toutes les portes. Elle trace simplement les chemins compatibles. Toute personne en situation de conformité peut briguer un poste dans une fédération sportive, mais à une condition stricte : respecter les statuts de ladite fédération et toutes les règles de son règlement intérieur.
« L’engagement sportif ne doit jamais se faire au détriment de l’impartialité administrative », insiste Prof. Yao N’Guessan Alfred.

Dans les coulisses du sport ivoirien, cette position est diversement accueillie. Certains y voient une barrière, d’autres un garde-fou nécessaire. Pour un jeune encadreur sportif à Abidjan, « c’est une manière d’éviter que les fédérations deviennent des prolongements de bureaux politiques ».
Dans un contexte de professionnalisation du sport, cette loi apparaît comme une boussole visant à protéger les institutions sportives des influences partisanes.

Alors que les élections au sein de plusieurs fédérations approchent, une question demeure : entre loyauté administrative et passion sportive, quel choix feront les acteurs du secteur ?

Josué Koffi

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