La mémoire du père des lettres ivoiriennes a une nouvelle fois été honorée. À l’occasion de la 7ᵉ célébration de la Journée de la créativité, artistes, universitaires, étudiants et passionnés de culture se sont retrouvés le mercredi 11 mars 2026 à l’Institut National Supérieur des Arts et de l’Action Culturelle (INSAAC) à Cocody. Sous le parrainage du Ministère de la Culture et de la Francophonie, la Fondation Bernard Binlin Dadié et ses partenaires ont organisé une cérémonie riche en expressions artistiques pour célébrer l’héritage de l’illustre écrivain ivoirien disparu le 9 mars.

Un hommage vibrant au pionnier des lettres ivoiriennes
Dans la salle Niangoran Porquet de l’INSAAC, l’émotion était palpable lorsque les participants ont évoqué la mémoire de Bernard Dadié, considéré comme un monument de la littérature ivoirienne et africaine. À travers cette célébration annuelle, la Fondation Bernard Binlin Dadié entend rappeler l’immense contribution de cet écrivain à la culture nationale.
« Lorsqu’on rend hommage à quelqu’un, on se rappelle qu’il a été le premier. Tous les créateurs ivoiriens doivent suivre son exemple afin de marquer la Côte d’Ivoire sur le plan culturel », a indiqué René Gnaléga, président de la Fondation Bernard Binlin Dadié.
Selon lui, cette journée vise avant tout à inciter les Ivoiriens à accorder une place centrale à la créativité sous toutes ses formes.
Promouvoir la créativité sous toutes ses formes
Au-delà de la littérature, les organisateurs ont voulu mettre en lumière l’ensemble des disciplines artistiques qui participent à l’expression de la créativité. Théâtre, danses traditionnelles, musique, contes et légendes d’Afrique noire ont rythmé la cérémonie, offrant au public un voyage culturel inspiré de l’œuvre et de la pensée de Bernard Dadié.

Pour les responsables de la fondation, la créativité ne doit pas se limiter à l’écriture. Sculpture, peinture, cinéma ou arts de la scène sont autant de moyens d’expression qui permettent aux artistes de transmettre des messages et de valoriser la richesse culturelle ivoirienne.
La compagnie Kairos, composée notamment d’étudiants de l’INSAAC, a proposé une mise en scène d’extraits d’œuvres de Bernard Dadié, saluée par un public enthousiaste.
Un appel à soutenir la promotion culturelle
Au cours de son intervention, le président de la Fondation Bernard Binlin Dadié a également formulé des attentes à l’endroit du Ministère de la Culture et de la Francophonie. Il a notamment plaidé pour un accompagnement renforcé de la fondation à travers des subventions, mais aussi pour la création d’un espace dédié à Bernard Dadié au Palais de la Culture d’Abidjan.
Selon lui, un tel projet contribuerait à valoriser durablement l’œuvre du célèbre écrivain et à encourager les initiatives culturelles autour du 9 mars, date symbolique de sa disparition.
La jeunesse invitée à redécouvrir Bernard Dadié
Au cœur des préoccupations des organisateurs figure également la transmission de l’héritage intellectuel de Bernard Dadié aux nouvelles générations. Pour les intervenants, la jeunesse ivoirienne doit s’approprier les enseignements contenus dans ses œuvres.
Parmi les citations les plus marquantes de l’écrivain figure cette maxime restée célèbre : « Le travail, après le travail, l’indépendance, mon enfant. »
Pour la Fondation, ce message demeure d’actualité et peut inspirer les jeunes à devenir plus dynamiques et entreprenants. Car, soulignent les responsables, le développement d’un pays ne repose pas seulement sur l’économie, mais aussi sur l’élévation intellectuelle et culturelle de sa population.
Prenant la parole au nom du ministère de la Culture et de la Francophonie, Alain Serge Agnessan a salué la mémoire et l’héritage littéraire de l’écrivain ivoirien Bernard Dadié, figure majeure des lettres africaines. Pour lui, la date du 9 mars revêt une signification particulière et mérite d’être célébrée avec ferveur.
« Nous devons apprendre à célébrer davantage les dates de naissance de nos grandes figures culturelles. Célébrer une naissance, c’est célébrer la vie, l’œuvre et l’héritage qu’elles nous ont laissés », a-t-il déclaré.
Le représentant du ministère a rappelé que Bernard Dadié demeure un pionnier et un écrivain complet ayant marqué tous les genres littéraires, de la poésie au roman, en passant par le théâtre et la nouvelle. « C’est un écrivain majeur pour la Côte d’Ivoire et pour l’Afrique. Son œuvre constitue une richesse inestimable pour notre patrimoine culturel », a-t-il insisté.
Il a également souligné l’engagement du ministère à préserver et promouvoir l’héritage de l’auteur. Dans cette dynamique, une collaboration étroite est engagée avec la Fondation Bernard Dadié afin de transmettre son œuvre aux nouvelles générations.
« Nous voulons que les jeunes Ivoiriens lisent Bernard Dadié. Nous travaillons avec la maison d’édition Présence Africaine pour rendre ses ouvrages plus accessibles, afin que ce patrimoine littéraire soit à la portée de tous », a-t-il affirmé.
Avant de conclure, Alain Serge Agnessan a exprimé le vœu de voir la mémoire de l’écrivain continuer d’inspirer les jeunes générations. « Préserver l’œuvre de Bernard Dadié, c’est préserver une part de l’âme culturelle de la Côte d’Ivoire », a-t-il soutenu, appelant à faire vivre durablement cet héritage littéraire.
À travers cette célébration annuelle, la Fondation Bernard Binlin Dadié entend ainsi préserver et transmettre l’héritage d’un homme dont l’œuvre continue d’éclairer les générations présentes et futures.
Josué Koffi

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