À l’occasion du huitième anniversaire de la création du mouvement Force aux Peuples, célébré ce 18 août 2026, son président et analyste politique Innocent Gnelbin dresse un bilan critique de la situation socio-économique du pays. Contestant le modèle néolibéral actuel, l’organisation politique entend ouvrir un nouveau chapitre axé sur l’industrialisation locale, la formation citoyenne et le renforcement stratégique de la gauche progressiste.

Créé le 18 août 2018 avec la conviction que la Côte d’Ivoire « peut être gouvernée autrement », le mouvement politique Force aux Peuples franchit aujourd’hui le cap de ses huit années d’existence. Dans une déclaration bilan signée par son président Innocent Gnelbin, l’organisation jette un regard lucide sur la trajectoire du pays et fixe les jalons de son action future.
Si le mouvement reconnaît les investissements majeurs réalisés par l’État dans les infrastructures publiques notamment le réseau routier, les ponts et les zones industrielles, il remet en question l’impact réel de ces grands travaux sur le panier de la ménagère et le quotidien des populations.
« Construire des infrastructures ne suffit pas à moderniser un pays. La véritable modernisation commence lorsque ces infrastructures augmentent réellement les capacités des populations », soutient Innocent Gnelbin, évoquant les difficultés persistantes des jeunes diplômés, des agriculteurs et des entrepreneurs locaux à accéder aux opportunités économiques et aux financements.
Remise en cause du modèle néolibéral et appel à la souveraineté économique
L’un des axes majeurs de ce message d’anniversaire réside dans la remise en cause explicite du modèle économique dominant, jugé trop dépendant de l’attractivité des capitaux étrangers. Sans rejeter l’investissement privé ni prôner le repli sur soi, Force aux Peuples critique la théorie du ruissellement et plaide pour une réappropriation nationale des leviers économiques.
Pour le parti, la souveraineté économique passe par la transformation sur place des matières premières stratégiques (notamment le cacao, l’agriculture et les ressources minières), la mobilisation de l’épargne nationale pour financer les entreprises locales, ainsi que la valorisation du capital humain.
Fait marquant de cette prise de parole, Innocent Gnelbin formule une autocritique sur les huit premières années de parcours de son organisation. Il concède que le mouvement a parfois privilégié la recherche d’une unité de façade au détriment de la clarté de sa ligne politique.
Assumant désormais une ligne idéologique plus affirmée et épurée, le président de Force aux Peuples insiste sur la nécessité de structurer la gauche progressiste ivoirienne. Selon lui, la simple qualité des idées ne suffit pas face aux moyens du pouvoir en place : il s’agit désormais de bâtir une force politique organisée, implantée sur l’ensemble du territoire national et capable de s’imposer dans le rapport de force démocratique.
Cap sur un « deuxième chapitre »
Enclenchant ce qu’il qualifie de « deuxième chapitre », le mouvement entend passer de la présence politique à une capacité concrète de transformation sociale. En appelant les citoyens, la jeunesse et les acteurs économiques à s’organiser, Force aux Peuples réaffirme son ambition : bâtir une économie non pas axée sur la seule rentabilité financière, mais dédiée au service direct du peuple ivoirien.
Anselme Koko

Average Rating