Adjamé, cœur battant du commerce ivoirien, pourrait-il devenir le théâtre d’un conflit aux lourdes conséquences économiques et sociales ? Derrière l’animation incessante du Forum des Marchés d’Adjamé, des centaines de commerçants disent vivre dans l’incertitude. Réunis samedi 20 juin 2026 au sein du Forum SAFA (Solidarité, Amour, Foi, Actions), ils ont décidé de briser le silence pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une menace pesant sur leurs investissements, leurs activités et l’avenir de nombreuses familles.

Face aux médias nationaux et internationaux, SANOGO Sarah, Directrice exécutive du Forum SAFA, a porté la voix des commerçants engagés depuis près de trois décennies dans un différend qui les oppose à la Société Ivoirienne de Concept et de Gestion (SICG), dirigée par son Président-directeur général, SAÏDI Jamal Mohamed.
Un projet ambitieux devenu source de discorde
Selon les responsables du Forum SAFA, l’origine du litige remonte à 1997, année du lancement du projet de construction du Forum des Marchés d’Adjamé dans le cadre d’une convention conclue entre la mairie d’Adjamé et la SICG.
Les commerçants affirment avoir investi entre 5 et 12,5 millions de francs CFA pour l’acquisition de magasins, box et étals au sein du complexe commercial.
« Derrière chaque magasin, chaque box et chaque étal, il y a des hommes et des femmes qui ont investi leurs économies, créé des emplois et contribué à la vitalité économique d’Adjamé et de la Côte d’Ivoire », a déclaré SANOGO Sarah.

Selon les explications fournies, les tensions sont apparues lorsque la SICG aurait exigé la signature de contrats de bail et le paiement de plusieurs mois de loyers avant la remise des clés, une démarche contestée par de nombreux commerçants qui estimaient avoir déjà acquis leurs espaces à travers les sommes versées.
Une médiation engagée mais restée inachevée

Le Forum SAFA soutient qu’une solution de sortie de crise avait pourtant été amorcée dès 2003 sous l’égide de la Primature. Cette démarche prévoyait le rachat des droits de jouissance par les commerçants, avec à terme la délivrance d’actes notariés.
Selon les responsables du mouvement, plusieurs bénéficiaires auraient honoré leurs engagements financiers entre 2003 et 2008. Toutefois, le processus se serait interrompu avant la délivrance effective des documents attendus.
Pour les commerçants, cette situation a entretenu un climat de méfiance et d’incertitude juridique autour de leurs activités.

L’audit de 2018 au centre des attentes
La crise a connu un nouveau tournant en 2018 avec des opérations d’expulsion qui auraient affecté plusieurs commerçants. Face aux tensions, un audit a été confié à l’Inspection générale des finances afin de faire toute la lumière sur la gestion du dossier.
Mais huit ans après, les conclusions de cette enquête demeurent inconnues du public.
« Huit années après sa réalisation, les conclusions de cet audit n’ont toujours pas été rendues publiques », ont regretté les responsables du Forum SAFA.
Onze milliards FCFA et un appel à l’État
Aujourd’hui, la principale préoccupation des commerçants concerne une créance estimée à près de 11 milliards de francs CFA, évoquée lors d’un cadre de concertation organisé le 22 janvier 2026 par la Direction générale de la Décentralisation et du Développement local (DGDDL).

« Nous ne refusons pas de payer ce qui pourrait être légalement dû. Nous demandons simplement que les comptes soient vérifiés et que la vérité soit établie de manière contradictoire », ont insisté les représentants des commerçants.
Le Forum SAFA réclame ainsi la publication du rapport d’audit de 2018 et l’organisation d’un arrêté d’écriture contradictoire associant l’État de Côte d’Ivoire, la Primature, la DGDDL, la mairie d’Adjamé, la SICG et les représentants des commerçants.

Se présentant comme des acteurs économiques soucieux de préserver la paix sociale, les commerçants lancent un appel au Président de la République afin qu’une solution transparente, équitable et durable soit trouvée. Pour eux, seule la vérité permettra de tourner définitivement la page d’un contentieux qui dure depuis 29 ans et qui continue d’alimenter les inquiétudes au sein de l’un des plus importants pôles commerciaux du pays.
Dans l’optique de rendre l’information plus équilibrée et plus crédible. Pour l’heure nous restons en attente de la version
Josué Koffi

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