Économie : Lamoussa Djinko alerte : « L’ECO vient pour asphyxier l’économie des pays africains »

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« La mauvaise nouvelle est que nous n’allons jamais nous développer avec le modèle économique que nous avons ». Dans une salle attentive de son siège à Cocody Attoban, le président du Renouveau démocratique (RD), Lamoussa DJINKO, a donné le ton, mardi 25 août 2026, lors d’une conférence de presse consacrée à l’ECO. Pour le responsable politique, la perspective de cette monnaie ouest-africaine doit surtout ouvrir un débat de fond sur l’avenir économique de la Côte d’Ivoire.

Une alerte sur le modèle économique

Le Président Lamoussa DJINKO a livré une analyse critique du modèle économique ivoirien, qu’il juge incapable, selon lui, de conduire le pays vers un véritable développement. « On ne peut pas vendre du café, du cacao, avoir notre monnaie contrôlée par un pays et espérer se développer », a-t-il soutenu.

Le président du RD reconnaît toutefois les efforts du président Alassane Ouattara. « Le président Ouattara fait du travail, il fait du bon travail. Je suis personnellement persuadé que s’il avait les capacités et les revenus suffisants, il allait faire mieux », a-t-il déclaré, estimant que les contraintes économiques limitent les marges de manœuvre de l’Etat.

L’ECO au cœur des inquiétudes

Pour Lamoussa DJINKO, l’arrivée éventuelle de l’ECO ne doit pas être abordée sous le seul angle monétaire. Elle doit, insiste-t-il, être replacée dans une réflexion plus large sur la souveraineté économique, la production nationale, l’endettement et le financement du développement.


« Notre objectif, en tant que parti politique, c’est de nous exprimer sur tous les problèmes de la Côte d’Ivoire », a-t-il expliqué, invitant les décideurs et l’opinion publique à examiner les conséquences économiques d’un changement monétaire.

Une lecture historique de la monnaie

Le président du Renouveau Démocratique a ensuite remonté le fil de l’histoire, de l’abolition de l’esclavage à la création du franc CFA, en passant par la conférence de Berlin et la mise en place des institutions monétaires ouest-africaines.

Selon lui, cette chronologie permet de comprendre les rapports économiques entre la France et ses anciennes colonies. Il a notamment critiqué le rôle historique attribué à la Banque de France dans la gestion des réserves monétaires africaines.

« Vous ne pouvez pas suivre un modèle qui ne vous fait pas sortir du sous-développement et continuer sur ce modèle en espérant avoir des résultats différents », a martelé Lamoussa DJINKO.

Produire et transformer pour sortir de la dépendance

Le responsable politique a également pointé la place du café et du cacao dans l’économie ivoirienne. À ses yeux, la Côte d’Ivoire doit davantage transformer ses matières premières, diversifier sa production et renforcer son capital national.

Au-delà de l’ECO, le RD appelle ainsi à un débat national sur le modèle économique ivoirien. Une interpellation qui place la monnaie au centre d’une question plus vaste : celle de la capacité de la Côte d’Ivoire à maîtriser les leviers de son propre développement.

Josué Koffi

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