Des accusations de détournement de fonds
Le secteur du café-cacao en Côte d’Ivoire est secoué par une nouvelle affaire judiciaire. Des producteurs, représentés par Bilé Bilé, président de la Coordination Nationale des Producteurs de Café-Cacao de Côte d’Ivoire (CNMA-CI), ont déposé une plainte contre le Conseil Café-Cacao (CCC), accusant sa direction de malversations financières.

C’est ce qui ressort de la Conférence de presse animé par le président de la Coordination Nationale du Monde Agricole de Côte d’Ivoire (CNMA-CI), Bilé Bilé, ce 11 février 2025 pour dénoncer ce qu’il qualifie de « gestion désastreuse » des fonds destinés aux producteurs agricoles en Côte d’ivoire.

Assisté de ses conseils, il a ouvertement accusé le dirigeant du Conseil Café-Cacao (CCC), M. Yves Koné, de détournements et de mauvaises pratiques financières portant préjudice au secteur agricole.

Parmi les griefs, la gestion opaque du Fonds COVID, initialement doté de 13 milliards de FCFA et porté à 17 milliards par le président Alassane Ouattara, destiné à soutenir les producteurs face aux impacts de la pandémie.

Selon Bilé Bilé, ces fonds auraient été monopolisés par le Directeur Général du CCC, M. Yves Koné, sans consultation des représentants des producteurs.
Gestion controversée de l’Interprofession du café-cacao

Les producteurs dénoncent également la gestion de l’Interprofession du café-cacao, une initiative censée améliorer l’organisation et la représentation des acteurs de la filière. Cette opération, confiée au cabinet externe Jadex pour un coût estimé à 4 milliards de FCFA, n’aurait pas produit de résultats probants.
Bilé Bilé affirme que ces fonds ont été gaspillés et que seul M. Yves Koné saurait ce qu’il en est advenu.
Opacité autour du Fonds d’Investissement en Milieu Rural
Autre point de discorde, la gestion du Fonds d’Investissement en Milieu Rural (FIMR), alimenté par des prélèvements sur la production de café-cacao pour financer l’entretien des vergers, la sacherie brousse et des infrastructures rurales.

Les producteurs estiment que ce fonds, s’élevant à plusieurs milliards de FCFA, n’a pas été utilisé de manière transparente. Le montant exact des fonds collectés reste flou, mais les sommes en jeu seraient considérables. Antécédents de détournements dans la filière
Ce n’est pas la première fois que la filière café-cacao est éclaboussée par des scandales financiers. En 2023, le Rassemblement du Peuple de Côte d’Ivoire Alternative Crédible (RPCI-AC) avait dénoncé le détournement de 326 milliards de FCFA du fonds de stabilisation du cacao, selon un audit du cabinet KPMG. Ces fonds, prélevés sur chaque kilogramme de cacao vendu par les paysans, auraient disparu des banques ou été affectés à des dépenses inconnues.
Appel à la transparence et à la justice
Face à ces allégations, les producteurs réclament une gestion plus transparente des fonds destinés à la filière et demandent que les responsables présumés de ces malversations soient traduits en justice. Ils appellent également les autorités à prendre des mesures pour protéger les intérêts des producteurs, qui constituent le pilier de l’économie cacaoyère ivoirienne.
La plainte déposée par les producteurs contre le Conseil Café-Cacao marque une étape significative dans la lutte pour la transparence et la bonne gouvernance au sein de la filière café-cacao en Côte d’Ivoire. Les yeux sont désormais tournés vers la justice, dans l’attente de la suite qui sera donnée à cette affaire.
Josué Koffi

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