Longtemps marquées par des relations fraternelles depuis les indépendances des deux pays, la Côte d’Ivoire et l’Algérie semblent avoir franchi un nouveau cap en 2026.
Les visites ministérielles croisées, la signature de plusieurs accords stratégiques et la volonté affichée des deux capitales de développer un partenariat économique durable témoignent d’une nouvelle dynamique.

Au-delà des échanges diplomatiques, Abidjan et Alger misent désormais sur une coopération Sud-Sud ambitieuse, notamment dans les secteurs de l’énergie, des mines, de la formation et de l’industrie.
Une nouvelle impulsion diplomatique
L’année 2026 restera sans doute comme celle du rapprochement entre Abidjan et Alger.
En mars, le ministre ivoirien des mines, du pétrole et de l’énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a effectué une importante visite de travail en Algérie.
Reçu par les autorités algériennes, il a multiplié les rencontres destinées à jeter les bases d’un partenariat stratégique dans les hydrocarbures, les mines et les énergies renouvelables.
Cette visite traduisait la volonté des deux États de faire de leurs complémentarités. économiques un véritable levier de développement.
L’Algérie dispose d’une expertise reconnue dans l’exploitation des hydrocarbures, le raffinage et la pétrochimie.
La Côte d’Ivoire, de son côté, connaît une forte croissance de sa production pétrolière et gazière et ambitionne de devenir un hub énergétique régional.
L’énergie au cœur du partenariat
Le rapprochement s’est concrétisé quelques mois plus tard, à Abidjan. Le 30 juin 2026, les ministres ivoirien et algérien de l’Énergie ont signé un accord-cadre de coopération couvrant les secteurs de l’énergie et des énergies renouvelables.
L’accord prévoit des mesures immédiates destinées à répondre aux besoins croissants de la Côte d’Ivoire en matière d’électricité.
L’Algérie s’engage notamment à accompagner le renforcement de la capacité de production ivoirienne grâce à des groupes mobiles totalisant 100 MW.
Le partenariat porte également sur la modernisation des réseaux de transport électrique avec la construction de lignes à haute tension de 225 kV et 400 kV, ainsi que sur la fourniture d’équipements critiques destinés au réseau de distribution.
Au-delà des infrastructures, les deux pays souhaitent développer les énergies renouvelables, domaine devenu prioritaire dans les politiques énergétiques africaines.
Une coopération qui dépasse le secteur énergétique
Les ambitions des deux États vont toutefois bien au-delà de l’électricité. Dès mars 2026, un accord global de coopération avait été signé dans les domaines des hydrocarbures et des mines.
Celui-ci couvre toute la chaîne de valeur : exploration, exploitation, raffinage, pétrochimie, formation des cadres et coopération réglementaire.
L’objectif est de permettre à la Côte d’Ivoire de bénéficier de l’expérience algérienne acquise depuis plusieurs décennies dans la gestion de ses ressources naturelles, tout en ouvrant de nouvelles opportunités aux entreprises algériennes sur le marché ivoirien.
Le capital humain comme priorité
Les autorités ivoiriennes ne souhaitent pas seulement importer une expertise technique. Elles veulent également former les compétences nationales.
C’est dans cette logique que Mamadou Sangafowa-Coulibaly s’est rendu à l’institut algérien du pétrole (IAP), à Boumerdès, considéré comme l’un des principaux centres africains de formation dans les métiers des hydrocarbures. Cette immersion visait à s’inspirer du modèle algérien de développement des compétences afin d’accompagner la montée en puissance du secteur énergétique ivoirien.
Cette dimension humaine constitue l’un des piliers du partenariat. Les deux gouvernements entendent multiplier les échanges d’experts, les formations et les transferts de compétences.
Une coopération Sud-Sud assumée
Ce rapprochement s’inscrit dans une vision plus large de coopération entre pays africains. Les responsables des deux États mettent régulièrement en avant la nécessité de bâtir des partenariats fondés sur le partage d’expériences africaines plutôt que sur une dépendance exclusive vis-à-vis des partenaires traditionnels.
Lors de sa visite à Abidjan, le ministre d’État algérien chargé des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a souligné que cette coopération visait à développer les énergies renouvelables et à contribuer à l’indépendance énergétique du continent africain.
Des perspectives économiques prometteuses
Au-delà de l’énergie, les perspectives apparaissent nombreuses. L’amélioration des relations diplomatiques devrait favoriser les investissements croisés, les échanges commerciaux, les partenariats industriels et la coopération dans plusieurs autres secteurs stratégiques.
Pour la Côte d’Ivoire, cette ouverture vers l’Algérie constitue un atout dans sa stratégie de diversification de ses partenaires économiques.
Pour Alger, elle offre un accès privilégié à l’une des économies les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest et à un marché régional en pleine expansion.
À travers cette nouvelle dynamique, Abidjan et Alger démontrent que la coopération Sud-Sud peut dépasser le cadre des déclarations politiques pour se traduire par des projets concrets.
Les accords signés en 2026 ouvrent ainsi une nouvelle étape des relations entre les deux pays, fondée sur le partage d’expertise, le développement industriel et la recherche d’une plus grande souveraineté économique et énergétique au service du continent africain.
Faustin Yao K

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