La tolérance a assez duré. À Yamoussoukro, capitale politique ivoirienne, une vaste opération menée le mardi 6 janvier 2026 a mis en lumière une réalité aussi dangereuse qu’inacceptable : le transvasement illégal du gaz butane continue de prospérer, au mépris total de la sécurité des populations.

Sous l’impulsion du ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, conduit par le ministre Coulibaly Mamadou Sangafowa, la Direction générale des hydrocarbures (DGH) a frappé fort. Résultat : 3 000 bouteilles de gaz saisies et plus de 30 machines illégales démantelées, utilisées pour une pratique désormais clairement assimilée à un acte criminel.
Cette opération coup de poing, menée en collaboration avec l’Unité de lutte contre la criminalité transnationale organisée (UTC) et sous la supervision de N’Zué Kouakou Médard, Directeur du suivi et de la réglementation des hydrocarbures, n’est pas un simple fait divers. Elle révèle l’ampleur d’un phénomène qui met quotidiennement des vies en danger.

Car le transvasement illégal du gaz butane n’est pas une simple infraction administrative. C’est une menace directe pour les riverains, exposés à des risques majeurs d’incendie et d’explosion. Dans des quartiers souvent densément peuplés, une seule étincelle peut suffire à provoquer un drame irréversible. Pourtant, certains continuent d’agir comme si la sécurité collective était négociable.
Pire encore, ce gaz destiné à l’usage domestique est désormais détourné pour alimenter aussi bien les véhicules de transport en commun (taxis communaux) que les véhicules privés, à Yamoussoukro comme dans de nombreuses villes du pays, sans oublier Abidjan.
Une pratique illégale, dangereuse et irresponsable, qui alimente des circuits parallèles aux lourdes conséquences économiques et sécuritaires pour l’État.

Face à cette dérive, le gouvernement ivoirien a clairement haussé le ton. Toute personne impliquée dans le transvasement illégal du gaz butane s’expose à des peines de prison. Le message est sans ambiguïté : il n’y aura plus de complaisance.
Cette lutte, engagée depuis plus de trois ans, commence aussi à porter ses fruits grâce à l’implication des citoyens. Le numéro vert gratuit 1699, mis en place pour dénoncer toute activité suspecte, s’impose comme un outil clé dans cette traque menée jour et nuit par les autorités.
La Direction générale des hydrocarbures en appelle désormais à la responsabilité collective. La vigilance des populations n’est plus une option, mais une nécessité. Signaler, dénoncer, refuser de fermer les yeux, c’est contribuer à sauver des vies et à mettre fin à une pratique qui n’a que trop duré.

Le gaz butane ne doit pas devenir le symbole d’une tragédie annoncée. L’État agit. Aux citoyens de faire leur part. « Toute personne qui sera interpellée dans le cadre de ces opérations subira la rigueur de la loi », prévient la DGH.
DNG

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