Les tensions et rivalités supposées autour de la succession du président de la République au sein du RHDP inquiètent de plus en plus certains acteurs politiques ivoiriens.

Pour le président du Rassemblement Démocratique Ivoirien (RDI), Chérif Hamed Haïdara, les signaux observés actuellement rappellent dangereusement des épisodes ayant conduit la Côte d’Ivoire à des crises politiques majeures par le passé.
Dans une déclaration, l’homme politique a lancé un appel à la retenue et à la responsabilité, exhortant les différents camps politiques à éviter toute escalade susceptible de fragiliser la stabilité du pays.
Le spectre des crises passées
Pour Chérif Hamed Haïdara, les débats autour du positionnement des cadres du RHDP dans la perspective de l’après-Alassane Ouattara ne doivent pas être pris à la légère.
Il estime que l’histoire politique ivoirienne démontre les dangers des guerres de succession mal maîtrisées. À ses yeux, les tensions qui avaient secoué le Parti démocratique de Côte d’Ivoire après l’ère Félix Houphouët-Boigny constituent un précédent dont la classe politique devrait s’inspirer.
Le président du RDI rappelle que les luttes internes au sein du parti au pouvoir de l’époque avaient entraîné frustrations, divisions et départs de plusieurs militants, débouchant notamment sur la création du Rassemblement des Républicains.
Selon lui, ces fractures politiques ont contribué à fragiliser durablement la cohésion nationale.
« La paix doit rester la priorité »

Au-delà des querelles partisanes, Chérif Hamed Haïdara affirme que sa principale préoccupation demeure la stabilité du pays.
« On ne veut plus de crise en Côte d’Ivoire », insiste-t-il, estimant que les ambitions personnelles ne doivent jamais primer sur l’intérêt supérieur de la nation.
Le président du RDI appelle ainsi les leaders politiques à faire preuve de civisme, de discipline et de responsabilité dans leurs prises de position et leurs actions.
Pour lui, les Ivoiriens aspirent désormais à la paix, au travail et au développement, après plusieurs décennies marquées par des tensions sociopolitiques.
Il invite également les militants et sympathisants des différentes formations politiques à éviter les discours de division ou de confrontation susceptibles d’alimenter les tensions.
Le soutien au président Ouattara malgré des critiques constructives
Bien qu’il ne soit pas membre du RHDP, Chérif Hamed Haïdara reconnaît les acquis enregistrés sous la gouvernance du président Alassane Ouattara.
Il estime que le chef de l’État a joué un rôle important dans la reconstruction et la relance du pays après les crises traversées par la Côte d’Ivoire.
Le président du RDI affirme ainsi soutenir certaines actions gouvernementales tout en revendiquant le droit de formuler des critiques constructives.
Il a notamment salué les efforts sécuritaires menés par Téné Birahima Ouattara et Vagondo Diomandé dans un contexte régional marqué par les menaces terroristes.
Chérif Hamed Haïdara a également cité les réformes engagées dans le secteur des transports sous l’impulsion de Amadou Koné, ainsi que la politique de lutte contre les détentions abusives portée par Sansan Kambilé.
« Il faut laisser le président gouverner »
Face aux spéculations sur la succession présidentielle, le président du RDI estime qu’il est prématuré d’ouvrir une bataille politique alors que le mandat du chef de l’État est encore en cours.
« Le capitaine à bord, c’est le président Alassane Ouattara. Il faut le laisser gouverner tranquillement », affirme-t-il.

Pour Chérif Hamed Haïdara, le moment venu, ce sont les Ivoiriens qui choisiront librement leur dirigeant sur la base du travail accompli, de la discipline et des résultats concrets.
Il met enfin en garde contre les calculs politiques précoces qu’il considère comme dangereux pour la stabilité du pays.
« Quand il y a le feu, personne n’est à l’abri, y compris le pyromane », prévient-il, appelant l’ensemble des acteurs politiques à privilégier l’unité nationale et la paix sociale.

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