La Coalition pour l’Alternance Pacifique (CAP-CI) voit le jour
À sept mois de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, l’opposition ivoirienne s’organise. Le 10 mars 2025, vingt-cinq partis d’opposition ont officiellement créé la Coalition pour l’Alternance Pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI), lors d’une cérémonie à la Maison du Vieux Parti, à Cocody-Abidjan. Regroupant des formations influentes comme le PDCI-RDA de Tidjane Thiam, le MGC de Simone Ehivet Gbagbo, le FPI de Pascal Affi N’Guessan et le Cojep de Charles Blé Goudé, cette alliance a pour ambition de peser sur le processus électoral et d’exiger des réformes pour des élections inclusives et transparentes.

Unir l’opposition sans candidat unique
Contrairement aux attentes, la question d’une candidature unique n’a pas été évoquée. Charles Blé Goudé a déclaré : « On n’en est pas encore là. Pour l’instant, l’objectif est d’obtenir des conditions de vote équitables. » Cette position met en évidence la prudence des leaders de l’opposition, qui préfèrent d’abord s’assurer d’un processus électoral juste avant d’aborder la question des candidatures.




Une plateforme revendicative
Sous le slogan « L’union fait la force », la CAP-CI revendique notamment :
- Une réforme de la Commission Électorale Indépendante (CEI), jugée trop proche du pouvoir ;
- Une révision des listes électorales pour garantir l’inclusivité du scrutin ;
- Un dialogue national avec les autorités, jusqu’ici refusé par le gouvernement.

Simone Gbagbo, porte-parole de la coalition, a insisté sur la nécessité d’ « organiser l’unité d’action des forces progressistes pour défendre l’État de droit, la démocratie et les libertés fondamentales ».
Le PPA-CI et GPS en retrait
Deux absences majeures ont marqué la création de la CAP-CI : celles du PPA-CI de Laurent Gbagbo et du GPS de Guillaume Soro.
Si Laurent Gbagbo avait, dès juillet 2024, lancé son propre appel à l’union de l’opposition, son parti n’a pas rejoint cette initiative. La raison officielle ? Son inéligibilité due à une condamnation pénale. Mais en coulisses, des divergences stratégiques pourraient expliquer son absence.
Une présidentielle sous tension

Le climat politique ivoirien reste marqué par des tensions récurrentes lors des élections. La crise post-électorale de 2010-2011 avait fait 3 000 morts, tandis qu’en 2020, les violences liées au scrutin avaient causé 85 décès. Face à ces antécédents, la CAP-CI veut éviter un scénario similaire et milite pour un cadre électoral plus équitable.




L’actuel président Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011, n’a pas encore annoncé officiellement s’il briguera un quatrième mandat. Mais en janvier dernier, il avait déclaré être « désireux de continuer à servir son pays », laissant planer le doute sur ses intentions.
Avec cette nouvelle coalition, l’opposition ivoirienne tente d’imposer ses conditions et de rééquilibrer le jeu politique. Reste à savoir si cette union tiendra jusqu’au scrutin d’octobre 2025.
Josué Koffi

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