Le Président du Parti ivoirien, le Renouveau Démocratique, Lamoussa Djinko, était face à la presse, ce 23 août 2024, pour animer une conférence publique sur la Nationalité ivoirienne. Lors de cette rencontre avec la presse, Le Président Lamoussa Djinko a abordé plusieurs aspects de la Nationalité en Côte d’Ivoire, mettant en lumière les défis et les enjeux liés à la nationalité en Côte d’Ivoire.
La question de la nationalité ivoirienne en Côte d’Ivoire a toujours été un sujet complexe et souvent sensible, qui a joué un rôle central dans les tensions sociopolitiques du pays, notamment lors des crises des années 2000. Elle touche directement à l’identité nationale, à l’appartenance et à la définition de ce que signifie être Ivoirien.
Face à la presse, le parti politique ivoirien, le Renouveau Démocratique, dirigé par Lamoussa Djinko, a accusé les différents présidents qui se sont succédé à la tête de la Côte d’Ivoire d’être responsables du problème récurrent de la nationalité ivoirienne.
Selon le Président du Renouveau Démocratique, ces dirigeants ont, à divers degrés, contribué à la persistance des tensions liées à la nationalité, en ne parvenant pas à mettre en place des politiques claires et inclusives pour résoudre ce problème complexe.

Le Renouveau Démocratique a dénoncé ce qu’il considère comme un échec collectif des dirigeants ivoiriens à aborder de manière efficace et juste la question de la nationalité.
Selon le parti, les différentes administrations ont soit ignoré le problème, soit mis en place des lois et des politiques qui ont exacerbé les tensions ethniques et régionales, notamment en période électorale.
Le concept de l’Ivoirité
Le concept de « ivoirité », introduit sous la présidence d’Henri Konan Bédié en 1999, est particulièrement pointé du doigt. Le Renouveau Démocratique estime que cette notion a été utilisée comme un outil politique pour exclure certains groupes ethniques et pour limiter l’accès à la nationalité et aux droits civiques.
Cette politique aurait semé les graines des conflits identitaires qui ont marqué les décennies suivantes. Le parti critique également la gestion des crises par les présidents qui ont suivi. Sous Laurent Gbagbo, la question de la nationalité a été un facteur clé dans la guerre civile, exacerbée par les divisions régionales.
Le Président Alassane Ouattara, bien que lui-même victime de la contestation de sa nationalité, n’a pas, selon le Renouveau Démocratique, réussi à résoudre de manière définitive ce problème, malgré des réformes législatives qui ont tenté de faciliter l’acquisition de la nationalité pour certains groupes.
Appel à une réforme profonde
Le Renouveau Démocratique appelle à une réforme profonde des lois sur la nationalité, pour qu’elles soient véritablement inclusives et reflètent la diversité de la population ivoirienne. Le parti plaide pour une approche qui transcende les divisions ethniques et régionales, et qui garantisse l’égalité des droits pour tous les citoyens.
Le Renouveau Démocratique estime que tous les présidents ivoiriens portent une part de responsabilité dans la persistance des problèmes liés à la nationalité. Le parti appelle à un renouveau politique qui serait capable de surmonter ces divisions historiques pour construire une Côte d’Ivoire unie et inclusive.
L’histoire de la Côte d’Ivoire est marquée par des vagues de migration, notamment durant la colonisation et les premières décennies après l’indépendance. L’économie du pays, en particulier dans le secteur agricole, a attiré de nombreux travailleurs étrangers, principalement de pays voisins comme le Burkina Faso, le Mali, et le Ghana. Ces migrations ont progressivement donné naissance à une population diverse, où la question de la nationalité est devenue de plus en plus complexe.

Les lois sur la nationalité
La législation ivoirienne sur la nationalité a connu plusieurs réformes, souvent dans un contexte de tensions politiques. La loi de 1961 sur la nationalité, par exemple, a été perçue comme relativement inclusive. Cependant, les révisions ultérieures, notamment celles des années 1990, ont introduit des restrictions plus strictes, souvent interprétées comme une tentative de certains acteurs politiques de limiter l’accès à la nationalité pour des groupes perçus comme étrangers, même s’ils résidaient en Côte d’Ivoire depuis plusieurs générations.
Les enjeux actuels
La nationalité ivoirienne est souvent au cœur des débats politiques, notamment en période électorale. La question de l’ « ivoirité », un concept développé dans les années 1990 pour distinguer les « vrais » Ivoiriens des autres, a exacerbé les divisions ethniques et régionales.
Ce concept a été utilisé pour exclure certains citoyens de leurs droits civiques, notamment du droit de se présenter aux élections ou de voter. Aujourd’hui, la situation s’est quelque peu apaisée, mais les défis persistent.
De nombreux Ivoiriens d’origine étrangère, ou perçus comme tels, continuent de rencontrer des difficultés pour prouver leur nationalité ou pour jouir pleinement de leurs droits. Les crises politiques ont également laissé des séquelles, avec des milliers de personnes encore en situation de précarité juridique en ce qui concerne leur nationalité.
Vers une solution durable
Pour avancer vers une résolution durable de la question de la nationalité, il est essentiel de promouvoir une vision inclusive de l’identité ivoirienne. Cela implique de réformer les lois sur la nationalité pour les rendre plus transparentes et justes, tout en veillant à protéger les droits de tous les citoyens, quelle que soit leur origine. Le dialogue national est également crucial pour dépasser les divisions historiques et construire une cohésion sociale solide.
La reconnaissance de la diversité comme une richesse pour le pays, plutôt que comme une menace, est une étape fondamentale dans ce processus.
« La nationalité ivoirienne ne devrait pas être une source de division, mais plutôt un lien qui unit tous les citoyens dans leur diversité », a indiqué le Président du Renouveau démocratique.
Une approche inclusive et équitable est indispensable pour garantir la paix sociale et le développement durable en Côte d’Ivoire.
Il a notamment souligné l’importance de clarifier et de réformer les lois relatives à la nationalité pour éviter les discriminations et les conflits identitaires qui ont marqué l’histoire récente du pays.

M.Lamoussa Djinko, Président du Renouveau Démocratique, a plaidé pour une approche inclusive qui respecte les droits de tous les citoyens, quelle que soit leur origine ethnique ou leur région de naissance.
Le président du Renouveau Démocratique a également critiqué les politiques actuelles qu’il considère comme étant inadaptées et a appelé à une révision des critères d’obtention de la nationalité, afin de refléter les réalités sociopolitiques actuelles de la Côte d’Ivoire.
La conférence a été l’occasion pour le Président Lamoussa Djinko de réaffirmer l’engagement de son parti à lutter pour l’égalité des droits et à promouvoir une citoyenneté inclusive, essentielle pour la cohésion nationale.
Josué Koffi

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