Un Bureau politique très attendu à Yamoussoukro
Ce samedi 5 avril 2025, la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, à Yamoussoukro, a servi de cadre à la 18e réunion du Bureau politique du PDCI-RDA. Une rencontre cruciale, annoncée depuis février, censée clarifier l’organisation des conventions en vue de la présidentielle du 25 octobre 2025. Mais la solennité du cadre a vite laissé place à une réalité politique plus tendue : l’absence de deux figures majeures du parti.

Thiam et Billon absents : un signal fort
Le président du parti, Tidjane Thiam, n’a pas fait le déplacement, officiellement pour des « raisons de force majeure » liées à un séjour en Europe. Une absence symboliquement lourde. Plus frappante encore, celle de Jean-Louis Billon, délégué et membre du Bureau politique, pourtant demandeur de cette réunion depuis plus d’un an.

Dans une déclaration transmise à la presse, le candidat déclaré à la présidentielle a expliqué les raisons de son absence. « L’ambiance autour de ce Bureau politique est devenue délétère. Des appels à l’intimidation, des attaques personnelles, des tensions qui n’ont rien à voir avec l’esprit du dialogue et du rassemblement qui ont toujours fait la force du PDCI-RDA », a-t-il dénoncé, regrettant également l’absence de Tidjane Thiam. « Cela confirme que nous ne sommes pas dans des conditions d’un dialogue vrai, apaisé et loyal », a-t-il ajouté.
Des dates actées malgré les tensions

Malgré ce climat de crispation, le Bureau politique a tranché sur un point majeur : les dates des conventions locales. Elles se tiendront du 15 au 17 avril 2025 sur l’ensemble du territoire national. Une étape essentielle pour choisir les délégués appelés à participer à la convention nationale, dont la date reste, pour l’heure, à déterminer.
Vers une convention nationale sous haute tension ?

Si les conventions locales marquent une avancée dans le processus électoral interne du parti, l’absence de consensus et les divisions manifestes entre les figures de proue augurent d’une convention nationale potentiellement houleuse. L’unité tant prônée par le PDCI-RDA semble aujourd’hui compromise, à quelques mois d’une présidentielle décisive pour l’avenir de la formation fondée par Houphouët-Boigny.
La balle est désormais dans le camp de la direction du parti, qui devra travailler à réconcilier les ambitions et restaurer un climat de confiance. En attendant, la base militante s’interroge : vers quelle direction voguent les houphouëtistes ?
Josué Koffi

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