Motobé : conflit Foncier entre l’association des propriétaires terriens de Motobé et l’aménageur foncier Aimé Akpale: le roi de Moossou dit sa part de vérité

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Grand-Bassam – Dans un contexte de bataille judiciaire et de guerre de communication autour du dossier foncier de l’île Motobé, Sa Majesté Nanan Kanga Assoumou, XXIᵉ souverain de Grand-Bassam et chef du village de Moossou, a accepté de livrer sa version des faits. Face à plusieurs journalistes, le vendredi 6 mars 2026, le gardien de la tradition est revenu sur les origines d’une affaire qui oppose depuis plusieurs années l’entreprise SOAD-ADA et l’association des propriétaires terriens de Motobé. Témoignage d’un acteur clé qui affirme avoir été témoin des premières démarches ayant conduit à l’acquisition du site.

C’est un témoignage pour « rétablir la vérité ».
D’entrée, le souverain n’a pas caché son agacement face aux accusations et aux interprétations qui entourent l’affaire. Avec gravité, il a insisté sur son attachement à la vérité.

« J’ai horreur du mensonge. Depuis mon intronisation en 1991, je m’efforce de toujours dire ce que je sais et rien d’autre », a déclaré Sa Majesté Nanan Kanga Assoumou, qui totalise aujourd’hui 35 années de règne.

Selon lui, c’est à la demande de l’aménageur foncier Aimé Akpalé qu’il a été associé aux premières discussions liées à l’aménagement du site de l’île Motobé. À l’époque, explique-t-il, l’homme d’affaires souhaitait réaliser un projet de lotissement dans la zone reliant Moossou à Motobé.

« Je ne le connaissais pas auparavant. Il est venu me voir pour m’expliquer son projet de lotissement. Je lui ai simplement dit que ces terrains relevaient de nos frères de Motobé, village dépendant d’Alepe. J’ai donc proposé d’en discuter avec les chefs concernés », a-t-il relaté.

Le souverain indique avoir convoqué les autorités coutumières concernées afin d’éviter toute source de conflit foncier.

« Nous avons échangé avec les chefs et les notables. Je leur ai dit que cet homme souhaitait réaliser un lotissement et qu’il fallait voir s’il était possible de trouver un accord. Après leurs consultations au village, ils sont revenus pour donner leur position », a expliqué le chef traditionnel.

À l’en croire, un consensus a été trouvé entre les différentes parties. Une liste des ayants-droit aurait même été établie afin que chacun perçoive sa part dans la transaction.

« J’ai dit clairement à M. Akpale de payer les gens jusqu’au dernier centime. Et effectivement, les paiements ont été effectués. Chaque fois que M. Akpale payait, il m’envoyait les documents comme preuve », a soutenu le roi.

Après ces étapes locales, le dossier a été transmis au ministère de la Construction pour les formalités administratives.

Sa Majesté affirme avoir facilité certains contacts afin d’accélérer la procédure.

« Quand il m’a demandé si je connaissais quelqu’un au ministère de la Construction, j’ai indiqué un responsable que je connaissais. Mais le dossier était déjà bien avancé et signé par plusieurs chefs et autorités locales », a-t-il indiqué.

Selon lui, la présence de signatures coutumières sur les documents avait rassuré l’administration.

« Quand un dossier porte la signature du roi et de plusieurs chefs, cela signifie généralement qu’il n’y a pas de palabres au niveau local », a-t-il ajouté.

Ces derniers mois, l’Association des propriétaires terriens de l’île Motobé a dénoncé des irrégularités, évoquant notamment de possibles falsifications de documents et un contentieux foncier portant sur plusieurs centaines d’hectares.

Des divergences subsistent également sur les superficies concernées, certaines sources évoquant 373 hectares tandis que d’autres documents mentionnent 244 hectares ou 66 hectares.

Face à ces accusations, le souverain se veut catégorique.

« S’ils pensent qu’il y a falsification, qu’ils saisissent le tribunal. La justice est là pour trancher. Mais ceux qui disent aujourd’hui que c’est les documents de M. Akpale sont faux, ont pourtant pris l’argent à l’époque », a-t-il lancé.

Alors que certains évoquent un investissement global pouvant atteindre 12 milliards de francs CFA dans le projet immobilier, Sa Majesté Nanan Kanga Assoumou affirme ne pas être impliqué dans les aspects financiers.

« Moi, je ne sais rien des montants. Je suis intervenu uniquement pour éviter des palabres entre villages. Le reste relève de la justice et de l’administration », a-t-il conclu.

En attendant la décision définitive des juridictions compétentes, le dossier de l’île Motobé demeure l’un des contentieux fonciers les plus sensibles de la région de Grand-Bassam.

Josué Koffi

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