Dans un petit atelier niché au cœur de Cocody, entre machines à coudre et éclats de tissus, l’identité africaine prend vie sous les doigts d’un créateur à la passion tenace. À 41 ans, Attebi Léandre, styliste ivoirien, façonne depuis plus de deux décennies une mode enracinée, portée par un matériau symbolique : le raphia.

« C’est un rêve d’enfant. Depuis 2001, je travaille le raphia pour faire ressortir mon côté africain, surtout ivoirien. » confie-t-il, les yeux pétillants d’enthousiasme. Pour lui, pas question de courir derrière les tendances mondialisées : sa matière première vient d’ici, collectée directement sur place. Mélangé à des tissus locaux, le raphia devient expression, langage, identité.
Sa marque, baptisée BAYA, un surnom affectueux qui lui a été donné dès l’enfance, incarne cet enracinement. Elle célèbre une Afrique fière, élégante, et créative. Son ambition : « Créer une usine pour transformer le coton et permettre à tous de s’offrir des vêtements à des prix accessibles. » Un projet de développement qui conjugue mode et engagement social.

Inspiré par les figures emblématiques de la haute couture ivoirienne, notamment Gilles Touré, Attebi Léandre revendique une ligne artistique singulière : « Moi, avec la tradition africaine, ça passe très bien. J’aime tout ce qui vient de l’Afrique. »

Mais sa créativité ne s’arrête pas aux tissus. Grand amateur de rap, il considère cette musique comme une source d’inspiration au quotidien. « Le rap instruit, le rap inspire. Le Rap Ivoire est aujourd’hui dans une belle dimension. J’adore. » déclare-t-il avec passion, convaincu que la mode, comme le rap, peut être un vecteur d’identité et de fierté.

À travers BAYA, Attebi Léandre ne vend pas simplement des vêtements, il propose une vision : celle d’une Côte d’Ivoire qui valorise ses ressources, ses traditions, et qui ose rêver grand. Depuis Cocody, il tisse les fils d’un avenir ancré, lumineux, et intensément africain.
Josué Koffi

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