Face à l’insécurité grandissante et au fléau persistant du vol de bétail, éleveurs et chasseurs traditionnels ont choisi de rompre le silence et de passer à l’action, scellant une alliance stratégique qui pourrait bien changer le visage de la filière bovine en Côte d’Ivoire.
La signature de la convention entre l’Organisation Interprofessionnelle Agricole Gros Ruminants de Côte d’Ivoire (OIA-GRCI) et la Fédération Nationale de la Confrérie des Dozos de Côte d’Ivoire (FENACODOCI) s’est tenue ce Mercredi 17 décembre 2025, à la salle de conférence PRO-DANGERS SANITAIRES, située au Centre antirabique (ex-SODEPRA), à Cocody.

Placée sous le regard attentif des représentants des ministères de la Défense, de la Sécurité, de l’Agriculture et des Ressources animales et halieutiques, cette rencontre marque une étape décisive dans la lutte contre le vol de bétail, un fléau qui fragilise la chaîne de valeur de l’élevage ivoirien.
Pour Sawadogo Issaka, Président du Conseil d’Administration de l’OIA-GRCI, l’enjeu est clair « Le vol de bétail n’est pas seulement un crime économique, c’est une menace directe contre la sécurité alimentaire et la paix sociale. Cette convention traduit notre volonté d’agir, ensemble et sous l’autorité de l’État. »
Il a rappelé que la cohabitation entre éleveurs, agriculteurs et acteurs traditionnels impose une approche concertée, fondée sur la confiance, la prévention et le respect strict des lois républicaines.
Moment fort de la cérémonie, l’intervention de Dosso Sory, Dozoba national et président de la FENACODOCI, a donné le ton d’un engagement sans équivoque. Dans un discours mêlant solennité et détermination, il a rassuré les acteurs de la filière :
« Nous avons pris serment. Avec discipline, formation et encadrement, nous allons mettre fin à 99 % du vol de bétail en Côte d’Ivoire, sous le contrôle des autorités. »

Refusant toute dérive, il a insisté sur la collaboration avec la police et la gendarmerie :
« Toute personne interpellée sera remise aux forces de l’ordre. La justice doit faire son travail. »
Les témoignages d’éleveurs venus de plusieurs régions du pays ont mis en lumière l’ampleur du phénomène : troupeaux décimés, réseaux organisés, complicités locales. Autant de récits qui ont renforcé la nécessité d’une réponse collective et structurée.
Paraphé sous les applaudissements, l’accord entre l’OIA-GRCI et la FENACODOCI ouvre la voie à des actions conjointes : surveillance communautaire, formations encadrées des Dozos, coopération transfrontalière et respect strict de l’autorité de l’État.
Un signal fort envoyé aux voleurs de bétail, mais surtout un message d’espoir pour les éleveurs ivoiriens, déterminés à protéger leurs moyens de subsistance et à contribuer à une Côte d’Ivoire plus sûre et plus prospère.
Josué Koffi

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