Le taux d’abstention aux élections législatives pose la question de la représentativité des députés

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La Côte d’Ivoire a renouvelé son Parlement le 27 décembre dernier à l’issue d’un scrutin marqué par une faible participation électorale.
Dans de nombreux bureaux de vote, l’affluence est restée limitée, confirmant une tendance observée depuis plusieurs années lors des élections législatives et locales.


Depuis l’instauration du pluralisme politique, ces consultations peinent à susciter l’adhésion des citoyens.
Les tensions politiques récurrentes et les crises électorales successives ont progressivement installé un climat de méfiance, voire de lassitude, au sein de la population.


Le calendrier du scrutin n’a pas non plus favorisé une forte mobilisation. Organisées à quelques jours du Nouvel An, juste après les fêtes de Noël, les élections se sont tenues durant une période de forte mobilité des populations. Résultat, sur un fichier électoral estimé à plus de huit millions d’inscrits, environ trois millions de citoyens seulement auraient pris part au vote.


Ce faible taux de participation pose la question centrale de la représentativité des députés. Investis du pouvoir législatif et chargés de représenter les populations à l’Assemblée nationale, ils tirent leur légitimité d’un scrutin auquel seule une minorité de citoyens a participé, dans un pays qui compte aujourd’hui plus de trente millions d’habitants.


Face à ce déficit démocratique, la réflexion doit mobiliser les acteurs politiques, les intellectuels et la société civile engagés sur les questions de gouvernance, de démocratie et de droits humains.

L’Assemblée nationale, en tant que contre-pouvoir essentiel, nécessite une plus grande ouverture du jeu démocratique afin de renforcer la confiance des citoyens.


L’histoire politique récente montre que l’inclusion de l’opposition peut contribuer à la stabilité institutionnelle. Sous la présidence de Laurent Gbagbo, la forte représentation du PDCI-RDA à l’Assemblée nationale avait favorisé une collaboration politique ayant permis un meilleur équilibre des Institutions de la République.


À l’approche des prochaines élections locales, il est donc crucial de tirer les leçons du passé.
Sans réformes appropriées et sans une meilleure prise en compte de la voix des citoyens, le risque est grand de voir s’amplifier la désaffection électorale.


Or, la démocratie demeure un processus en construction qui nécessite la participation de tous, notamment celle d’une jeunesse de plus en plus connectée et attentive aux évolutions démocratiques à l’échelle régionale.


La classe politique et la société civile, engagées sur les thématiques de gouvernance, de démocratie et de droits humains, doivent impérativement réfléchir aux causes de ce manque d’engagement citoyen dans le processus électoral en Côte d’Ivoire. C’est à ce prix que le choix des électeurs pourra réellement refléter la volonté populaire et redonner confiance aux citoyens afin qu’ils participent pleinement à la gouvernance publique par l’élection de leurs représentants.

Par Adou Évariste, Journaliste et Analyste Politique

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