Le lundi 06 janvier 2025, Conakry est devenue le centre névralgique de la contestation en Guinée. Depuis l’aube, des milliers de manifestants défilent dans les rues de la capitale et d’autres grandes villes du pays, appelant à la fin d’une transition militaire qui semble s’éterniser. Cette mobilisation est portée par les Forces vives de la nation, un collectif regroupant les principaux partis politiques guinéens, dont ceux de Sidya Touré, Cellou Dalein Diallo et l’ancien président Alpha Condé.

L’objectif est clair : mettre fin à la transition dirigée par le Comité National du Rassemblement et du Développement (CNRD), qui devait théoriquement s’achever le 31 décembre 2024. Cependant, face à la prolongation des pouvoirs militaires et à la crainte d’un maintien au pouvoir des militaires, la tension est montée d’un cran, exacerbant la frustration populaire.
La journée a démarré sur fond de barricades et de contrôles renforcés dans les rues de Conakry. Les forces de l’ordre ont immédiatement réagi, en instaurant des barrages pour empêcher les rassemblements. Le gouvernorat de Conakry a, de surcroît, interdit toute manifestation, dans un climat où de nombreux commerces ont préféré fermer leurs portes, un signe évident de l’impact économique de la crise.

La situation s’est aggravée après une déclaration d’Alpha Condé, qui a appelé l’armée à « assumer ses responsabilités », exacerbant davantage l’atmosphère politique tendue. Une telle déclaration ne fait qu’alimenter les divisions et nourrir l’incertitude sur l’avenir politique du pays. Tandis que les autorités rejettent toute concession, les opposants de la transition dénoncent ce qu’ils considèrent comme un coup d’État déguisé, et leur appel à une transition civile se fait de plus en plus pressant.
Les manifestants, bien qu’animés par un désir légitime de retour à l’ordre démocratique, risquent de voir leur mouvement se radicaliser face à la répression. Si cette mobilisation est porteuse d’un grand espoir de changement pour de nombreux Guinéens, elle pourrait aussi conduire à une escalade de la violence, ce qui rend le climat encore plus incertain.

Face à cette situation, un dialogue entre les forces politiques et militaires est plus que jamais nécessaire. Si les manifestations, en tant qu’expression populaire, sont un droit fondamental, elles ne doivent pas dégénérer en violences incontrôlées. Le gouvernement doit comprendre que la répression systématique ne fera qu’aggraver la crise. Au contraire, l’engagement sincère dans un processus de réconciliation et de dialogue pourrait être la clé pour éviter une spirale de violences et assurer la stabilité à long terme de la Guinée.
Le chemin vers une Guinée démocratique et pacifique reste semé d’embûches. Seule une volonté commune de dépasser les antagonismes permettra d’en sortir. Le temps presse, et la nation guinéenne attend une issue qui semble encore incertaine.
Josué Koffi

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