Après Trois jours d’échanges, de rencontres, de découvertes et de réflexions autour de l’avenir du cacao ivoirien. Les lampions de La 10ᵉ édition des Journées nationales du cacao et du chocolat (JNCC) se sont officiellement éteints, ce jeudi 3 septembre 2026, avec un message de la survie et la compétitivité de la filière passent désormais par la jeunesse, l’innovation et une cacaoculture plus moderne.

Placée sous le thème « Jeunesse et cacaoculture du futur », cette édition a réuni producteurs, coopératives, exportateurs, transformateurs, chercheurs, partenaires techniques et financiers ainsi que de nombreux visiteurs.
Au terme de la cérémonie de clôture, le président délégué du comité d’organisation, Konan Kouassi Mathurin, a dressé le bilan des activités. La première journée a notamment enregistré près de 3 000 participants, dont 1 500 producteurs, autour de la cérémonie officielle d’ouverture, des expositions et de la récompense des meilleurs producteurs et sociétés coopératives.

Les échanges scientifiques ont, eux, dégagé trois priorités : moderniser le statut juridique et technique des exploitations, renforcer les mécanismes de durabilité et faire de l’entrepreneuriat des jeunes un véritable levier de transformation de la filière.
L’exposition a réuni 83 exposants, dont 15 sponsors, tandis que les deux premiers jours ont attiré en moyenne 11 500 visiteurs par jour.
Présidant la cérémonie de clôture, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, a salué les dix années d’existence des JNCC et appelé les acteurs à regarder désormais vers l’avenir.
« Nous avons fait le choix de la vérité. Nous avons fait le choix de la responsabilité », a-t-il déclaré à propos du prix bord champ fixé pour la campagne 2026-2027.
Le ministre a surtout insisté sur la nécessité d’apaiser les tensions au sein de la filière. « Notre secteur a besoin aussi d’apaisement. Notre secteur a besoin de sérénité pour se construire durablement et se fortifier », a-t-il lancé.
Selon lui, la carte du producteur doit également devenir un outil essentiel pour assurer la traçabilité, faciliter l’accès aux appuis de l’État et renforcer la protection des producteurs.
Dans les rangs des producteurs, l’heure était au bilan, mais aussi à l’expression de préoccupations persistantes.

Banno Yaya, producteur de la coopérative SCOOPS de Divo, a apprécié l’ambiance et les échanges. « Nous avons eu une journée très impressionnante. Nous sommes satisfaits à la sortie de cette journée. On a beaucoup appris », a-t-il témoigné.
Mais derrière cette satisfaction se cachent des difficultés de production, notamment les maladies qui déciment les plantations. Il cite particulièrement le Swollen Shoot, qu’il décrit comme une menace importante pour les vergers.
Même constat chez Adié Emmanuel, directeur de la coopérative SCOOPS N’Douci. S’il juge la journée « formidable », il reconnaît que la question du prix reste sensible : « C’est le prix qui n’a pas été trop ça. Mais on va faire comment ? »
Pour Bruno Nabagné Koné, l’avenir de la filière dépendra de sa capacité à attirer une nouvelle génération d’agriculteurs mieux formés, capables de maîtriser l’agroécologie, l’agroforesterie et les techniques culturales modernes.
L’ambition affichée est celle d’une cacaoculture résiliente face au changement climatique, débarrassée progressivement des maladies et capable de maintenir ses volumes tout en préservant les forêts.
La clôture des JNCC 2026 ne marque donc pas seulement la fin d’une édition. Elle ouvre une nouvelle étape : celle d’un cacao ivoirien qui devra convaincre sa jeunesse qu’une plantation peut aussi être une entreprise moderne, innovante et durable. Josué Koffi

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