Et si les déchets du cacao, de l’anacarde, du manioc ou encore du palmier à huile devenaient demain une véritable source d’énergie ?

C’est le pari porté par le Fonds pour la science, la technologie et l’innovation (FONSTI), Enabel et l’Union européenne, à travers un nouvel appel à projets destiné à faire émerger des solutions innovantes de valorisation énergétique et de cuisson propre.
Réunis ce jeudi 10 septembre 2026 à l’hôtel Azalaï de Marcory, à Abidjan, les acteurs publics, scientifiques et entrepreneuriaux ont été invités à saisir cette opportunité.
Ouvrant la rencontre, le Secrétaire général du FONSTI, Dr Yaya Sangaré, a situé l’enjeu. Il a salué le soutien de l’Union européenne et l’engagement d’Enabel avant de rappeler que la démarche résulte d’un travail engagé depuis 2022.

« La Côte d’Ivoire dispose à travers la biomasse d’un potentiel encore insuffisamment valorisé », a-t-il souligné, citant notamment le cacao, l’anacarde, le palmier à huile, l’hévéa et le coton.
Pour lui, les projets retenus devront aller au-delà de l’expérimentation. « Notre ambition au niveau du FONSTI peut se résumer en trois étapes : démontrer, répliquer et mettre à l’échelle », a-t-il lancé. Cinq projets seront accompagnés, avec une date limite de candidature fixée au 9 octobre 2026.

Tom DeDeurwaerder, représentant pays d’Enabel, a rappelé que le projet VABICUI, financé par l’Union européenne et mis en œuvre depuis février 2024 pour 48 mois, vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre grâce aux chaînes de valeur de la biomasse-énergie et à la cuisson propre.
Il a présenté les principaux axes du projet : accompagnement technique des entreprises, mobilisation de financements et amélioration du climat des affaires, notamment à travers un guichet dédié au Plateau. « Cet appel à projets est une opportunité qui vous est destinée », a-t-il déclaré aux entrepreneurs.
Représentant le Directeur général de l’Énergie, Yao Philippe, Sous-directeur de la bioénergie, a insisté sur le potentiel des déchets agricoles. Manioc, cacao, anacarde, hévéa, palmier à huile et café figurent parmi les filières ciblées.

« La valorisation énergétique de ces déchets représente une réelle opportunité pour produire de l’énergie, réduire les impacts environnementaux et créer de nouvelles activités économiques », a-t-il indiqué.
Présentant les modalités de l’appel, Dr Annette Ouattara, coordonnatrice de projets au FONSTI, a apporté une précision importante : les lauréats ne recevront pas directement d’argent. « Le FONSTI achètera, installera les équipements et les transmettra » aux porteurs retenus, a-t-elle expliqué.
Toh Alain, membre du Conseil d’administration du FONSTI, a, pour sa part, accompagné cette dynamique institutionnelle, qui entend rapprocher recherche, innovation et entrepreneuriat.

Au terme des échanges, un message s’est imposé : en Côte d’Ivoire, l’innovation énergétique ne doit plus rester au stade de l’idée. Elle devra désormais faire ses preuves sur le terrain, avant de conquérir d’autres filières et territoires.
Josué Koffi

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