JNCC 2026 : Ando Dorothée, de la plantation à la transformation, les Amazones veulent franchir un nouveau cap

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Dans les allées du Parc des Expositions d’Abidjan-Port-Bouët, le cacao ivoirien ne se présente plus seulement sous la forme de fèves. À la 10ᵉ édition des Journées nationales du cacao et du chocolat (JNCC), producteurs et transformateurs exposent un autre visage de la filière : celui d’une agriculture qui veut se moderniser et offrir davantage de perspectives aux jeunes.

Placée sous le thème « Jeunesse et cacao-culture du futur », cette édition, ouverte mardi 1er septembre 2026, rassemble membres du Gouvernement, producteurs, artisans chocolatiers et professionnels du secteur. Dans ce mouvement, Mme Ando Dorothée, PCA de la coopérative COOPEC-B, Les Amazones Productrices de Café-Cacao du Bélier, raconte un parcours qui va de la plantation à la transformation.

Pour cette productrice, l’avenir du cacao passe désormais par la capacité des acteurs à transformer localement leur production.

« Pourquoi ne pas transformer le cacao des femmes productrices de café-cacao du Bélier pour faire du chocolat ? », explique-t-elle en évoquant la création de leur coopérative.

L’aventure n’a pourtant pas commencé avec de grandes machines. « Dans nos débuts, on faisait à la marmite. On faisait les fèves torréfiées, un peu, jusqu’à ce qu’on arrive à transformer bien le cacao en chocolat », raconte-t-elle.

Aujourd’hui, la coopérative propose plusieurs produits issus du cacao : chocolat, beurre de cacao, masse et poudre de cacao, mais aussi du savon à base de cacao.

Derrière cette volonté de transformer localement, les difficultés restent nombreuses. La première, selon Mme Ando Dorothée, concerne le financement.

« Quand on demande un prêt à la banque, les intérêts sont énormes. Donc ça ne nous arrange pas », déplore-t-elle.

Elle appelle ainsi l’État à faciliter l’accès au financement pour les coopératives. Une meilleure capacité d’achat et de transformation permettrait, selon elle, de mieux valoriser la production et de nouer des partenariats avec des acheteurs capables d’acquérir le cacao transformé en grande quantité.

Si elle se réjouit de la tenue des JNCC depuis dix ans, la productrice ne cache pas sa déception face au prix du cacao fixé à 1 200 FCFA le kilogramme, contre 1 300 FCFA pour le café.

« On est déçue. Parce que je produis du cacao. Donc on est vraiment déçue parce que le prix du cacao ne nous arrange pas », affirme-t-elle.

Son amertume est aussi liée aux achats effectués précédemment à un prix beaucoup plus élevé. « Moi-même là, j’ai payé le cacao à 2 800. Ils ont fixé le prix à 1 200. Donc les 1 600 qui sont partis là, c’est une grande perte qui joue sur moi ! Maintenant, je ne peux pas faire deux fois la perte », souligne-t-elle.

Malgré ces difficultés, Mme Ando Dorothée veut croire en l’avenir des Jack. Elle rêve d’une édition encore plus grande dans cinq ans.

« On veut que ça soit une JNCC plus grande que cette année. Le monde entier doit venir en Côte d’Ivoire pour la JNCC », souhaite-t-elle.

Son ambition rejoint celle d’une filière qui cherche à attirer une nouvelle génération vers la production, la transformation, la recherche, l’innovation et l’entrepreneuriat.

Après avoir commencé dans les plantations, entre cacao, banane et igname, Mme Ando Dorothée se retrouve aujourd’hui au cœur de la transformation. « Étant en brousse, faire le cacao, faire les buttes (…) et là on est rentrée dans la production du cacao jusqu’à ce que j’arrive à la transformation. Moi-même, je me félicite ! », lance-t-elle avec fierté.

Un parcours qui résume, à lui seul, le pari des JNCC 2026 : faire du cacao non plus seulement une culture à produire, mais une chaîne de valeur à maîtriser.

Josué Koffi

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