Chaque année, environ 12 000 nouveaux cas d’insuffisance rénale sont enregistrés en Côte d’Ivoire. Derrière ces chiffres se cachent des milliers de vies exposées à une maladie souvent silencieuse, dont l’évolution peut conduire à la dialyse. Face à cette situation, les autorités sanitaires recommandent un dépistage précoce, particulièrement chez les personnes à risque.

12 000 nouveaux cas chaque année
Selon le Rapport annuel de santé (RAS), la Côte d’Ivoire enregistre environ 12 000 nouveaux cas d’insuffisance rénale par an, dont plus de 500 atteignent la phase terminale de la maladie. Au 31 décembre 2025, 1 457 patients étaient déjà pris en charge sous dialyse à travers le pays.
Les spécialistes alertent notamment sur le poids des glomérulopathies, qui représentent près de 47 % des cas. Elles peuvent être associées à certaines infections ou pathologies, notamment le VIH et le diabète.
L’hypertension artérielle constitue, avec 25 %, un autre facteur majeur. Le VIH représente 15 % des cas et le diabète 6 %.
Automédication et mauvaises habitudes en ligne de mire
Au-delà des facteurs médicaux, les professionnels de santé mettent également en garde contre certaines pratiques susceptibles d’aggraver les risques. L’automédication, l’utilisation de médicaments vendus dans la rue, la toxicomanie ainsi qu’une hygiène de vie défaillante figurent parmi les préoccupations.
Dans ce contexte, le message des spécialistes est clair : « mieux vaut détecter tôt une atteinte rénale que d’attendre l’apparition des complications ».
21 centres de dialyse désormais disponibles
Face à l’ampleur du phénomène, l’État ivoirien renforce progressivement les capacités de prise en charge. Depuis 2023, 59 générateurs de dialyse neufs ont été installés dans les centres d’hémodialyse du pays.
La Côte d’Ivoire compte désormais 21 centres de dialyse, avec notamment l’ouverture, en juin 2026, de l’antenne d’Erymakouguié, dans le département d’Agboville.
Dans le secteur public, l’État continue par ailleurs de subventionner fortement la dialyse. Une séance est facturée à 1 750 FCFA en ambulatoire et 3 500 FCFA en situation d’urgence.
Dépister avant qu’il ne soit trop tard
Pour les autorités sanitaires, l’enjeu dépasse donc la seule prise en charge des patients déjà malades. Il s’agit surtout d’agir en amont. Les personnes présentant des facteurs de risque sont ainsi encouragées à effectuer régulièrement des contrôles médicaux afin de détecter précocement toute anomalie de la fonction rénale.
Car derrière les 12 000 nouveaux cas annuels, c’est une course contre la montre qui s’engage. En Côte d’Ivoire, le dépistage précoce apparaît désormais comme l’un des meilleurs remparts pour éviter que le silence de la maladie ne conduise trop tard à la dialyse.
Josué Koffi

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