Gouvernance locale en Afrique de l’Ouest : Abidjan accueille un caucus stratégique pour redessiner l’avenir des collectivités

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Au cœur de la capitale économique ivoirienne, la gouvernance locale africaine se donne rendez-vous pour penser son avenir. Les 12 et 13 mars 2026, Abidjan devient l’épicentre des réflexions sur la décentralisation et le développement territorial à l’occasion du caucus régional de l’Afrique de l’Ouest de Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique. Accueillis à l’Hôtel Onomo Abidjan Airport, élus locaux, responsables institutionnels et partenaires du développement se réunissent pour jeter les bases d’une nouvelle dynamique de coopération entre les collectivités africaines, dans un contexte marqué par l’urbanisation rapide et les défis croissants du développement durable.
C’est une rencontre stratégique qui vise à préparer l’Assemblée générale de l’organisation et à définir les grandes orientations de la décentralisation sur le continent.

Pendant deux jours, ce caucus sous-régional réunit les représentants des collectivités territoriales d’Afrique de l’Ouest autour des grands défis qui se posent aux villes et aux régions : urbanisation accélérée, financement du développement local, gouvernance territoriale et transition climatique.

Selon le Président de l’Union des Villes et Communes, Amadou Koné, cette rencontre constitue un espace privilégié d’échanges et de concertation afin de redéfinir les priorités des collectivités africaines et renforcer leur coopération.

N’guessan Koffi Lataille, Représentant les autorités ivoiriennes, le vice-président de l’Assemblée des régions et districts de Côte d’Ivoire a salué la tenue de cette rencontre à Abidjan.

« La décentralisation s’impose aujourd’hui comme l’un des piliers fondamentaux du développement durable, de la gouvernance et de la participation citoyenne », a-t-il souligné, estimant que les collectivités territoriales sont désormais en première ligne pour répondre aux attentes des populations.

Le Président de l’Union des villes et communes de Côte d’Ivoire (UVICOCI), le ministre des Transports et maire de Bouaké, Amadou Koné, a appelé à un renforcement des moyens financiers et institutionnels des collectivités locales.

« Les villes et les collectivités territoriales jouent un rôle central dans la réponse aux défis du développement. Mais pour y parvenir, elles doivent disposer de ressources adéquates et d’un meilleur accès aux mécanismes de financement », a-t-il déclaré.

Selon le Président de l’UVICOCI, l’urbanisation rapide du continent impose une nouvelle approche de la gouvernance territoriale.

« Plus de la moitié des Ivoiriens vivent aujourd’hui en ville. Les mairies et les régions doivent donc être mieux outillées pour planifier le développement, préserver l’environnement et améliorer les conditions de vie des populations », a-t-il ajouté.

Prenant la parole à son tour, N’Guessan Koffi Lataille a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la planification territoriale et la cohérence entre les politiques nationales et les initiatives locales.

Selon lui, les collectivités territoriales constituent des espaces d’innovation et de dynamisme économique capables de porter une croissance inclusive.

« Nos villes et nos régions sont au cœur de la transformation de nos sociétés. Il nous faut donc renforcer la coopération entre collectivités et mobiliser davantage de ressources pour soutenir leurs actions », a-t-il affirmé.

Le Secrétaire général sortant de l’organisation après deux décennies de service, Jean-Pierre Elomba a rappelé les enjeux stratégiques de ce caucus, qui intervient dans un contexte de relance de CGLU Afrique.

« Tous les trois ans, les membres se réunissent pour définir la feuille de route de la prochaine mandature. Le caucus permet à chaque région d’exprimer ses priorités et de désigner ses candidats aux instances de l’organisation », a-t-il expliqué.

Il a également rappelé les acquis de l’organisation, notamment la reconnaissance internationale des collectivités territoriales africaines.

« Aujourd’hui, CGLU Afrique est la voix légitime des collectivités territoriales du continent et représente plus de 350 millions de citoyens africains », a-t-il indiqué.

C’est un rendez-vous décisif pour l’avenir des collectivités africaines. À l’issue de ces deux journées de travaux, les participants devraient formuler des recommandations et désigner les représentants de l’Afrique de l’Ouest aux instances dirigeantes de l’organisation, en prélude à l’Assemblée générale prévue le 24 mars 2026 à Nouakchott.

Au-delà des enjeux institutionnels, ce caucus d’Abidjan apparaît surtout comme une étape clé pour renforcer la voix des villes africaines et promouvoir une gouvernance locale plus efficace et inclusive.

Josué Koffi

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