Forum panafricain pour la réparation coloniale: l’Afrique passe à une offensive juridique historique

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Un forum inédit en ligne a réuni le mardi 17 juin 2025 des organisations de sept pays africains, qui ont posé les bases d’une stratégie juridique collective pour exiger des réparations concrètes face à l’héritage du colonialisme, marquant ainsi un tournant majeur dans la lutte panafricaine pour la justice historique.

De la dénonciation à l’action. C’est le cap qu’ont franchi les leaders panafricains réunis lors du Forum régional pour les réparations, la justice et la restauration de la mémoire historique, organisé virtuellement ce mardi. Juristes, député·e·s, universitaires, militant·e·s et représentant·e·s d’ONG ont appelé à une offensive juridique sans précédent contre les anciennes puissances coloniales.

Un mot d’ordre unificateur

L’ouverture des travaux a été marquée par un mot d’ordre lancé par Ouzayrou Mamane, président de l’ANJUD (Niger) : « Les réparations doivent devenir une réalité ! Elles doivent être versées maintenant ! »

Ce mot d’ordre a résonné tout au long des discussions, renforcé par l’adhésion de quatre nouvelles organisations issues de Côte d’Ivoire, de République centrafricaine et du Togo, dont l’Association Jeunesse Projection, représentée par Julien Segbedji.

Un mémorandum commun a été signé, marquant une volonté ferme d’unir les forces africaines autour d’une démarche juridique continentale. « Il s’agit désormais de construire une force juridique crédible, panafricaine et inébranlable », a déclaré Éric Danon (SOPA-CI, Côte d’Ivoire).

Les intervenants ont dressé un tableau accablant de l’héritage colonial : 17 millions de déportés, plus de 50 millions de morts, et des dommages économiques évalués à 777 000 milliards de dollars, selon Moussa Kourouma (MOJUD, Guinée).

À cette réalité chiffrée s’est ajoutée une interpellation directe des anciennes puissances coloniales : « La France doit réparer. Le temps du silence est révolu. Il est temps de présenter la facture », a lancé Socrate Gutenberg, du Mouvement panafricain pour une Afrique libre (RCA).

Des propositions concrètes

Au-delà des constats, le forum a accouché d’un plan d’action structuré, incluant :

La création d’un Tribunal panafricain des réparations, sous l’égide de l’Union africaine, doté de pouvoirs de sanction ;

Un Fonds africain de réparation, de refondation et de développement durable ;

Une taxe panafricaine sur les entreprises issues de pays jugés responsables de crimes coloniaux ;

La formation d’une Commission d’évaluation des préjudices, pour quantifier les pertes humaines, culturelles et économiques.

Ces propositions seront soumises à l’examen de l’Union africaine et de la Banque africaine de développement (BAD).

Le député tchadien Alladoum Darma Balthazar a appelé à une mobilisation parlementaire : »Il faut des résolutions dans chaque pays, ratifiées par l’Union africaine, pour donner une assise légale aux plaintes internationales. »

Vers une nouvelle ère de justice

En clôture du forum, Ouzayrou Mamane a formulé un appel solennel aux institutions panafricaines : « Nous appelons la Commission de l’UA et la BAD à transformer nos revendications en politiques concrètes. Les peuples d’Afrique sont unis dans cette quête de justice. »

Le message est clair : la lutte pour les réparations n’est plus seulement symbolique ou morale; elle devient juridique, politique, et institutionnelle. L’Afrique revendique désormais un droit à la réparation, à la dignité, et à la souveraineté retrouvée.

DNG

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