Le Centre de Diagnostic et de Recherche sur le Sida et les Maladies Infectieuses (CeDeReS), sis au CHU de Treichville, a accueilli ce mercredi 19 novembre 2025 la cérémonie de clôture des activités du projet de recherche ACICHPV-CI, dédié à l’étude de l’ADN tumoral circulant pour la détection des cancers liés au virus du papillome humain (HPV) en Côte d’Ivoire.

Initié et piloté par la Professeure Koné Fatoumata, maître de conférences agrégée en biologie moléculaire et responsable de l’Unité de Biologie Moléculaire, ce projet visait à évaluer un nouveau paramètre moléculaire de dépistage précoce du cancer, adapté à la diversité génétique des populations africaines. Plusieurs figures emblématiques de la santé et des partenaires ont pris part à l’ activité.
Au cours de la cérémonie, la Professeure Koné a rappelé que l’objectif principal était de déterminer si les marqueurs moléculaires utilisés dans d’autres régions du monde pouvaient être appliqués à la population ivoirienne, dont le matériel génétique est très divers. Les résultats montrent que certains outils utilisés ailleurs ne fonctionnent pas toujours dans le contexte local, soulignant la nécessité d’adapter les technologies de dépistage aux spécificités biologiques africaines.

Le projet, mené entre 2023 et 2025, a permis de :
Analyser les infections à HPV chez les femmes et leur lien avec le cancer du col de l’utérus : toutes les patientes HPV-négatives présentaient des cancers invasifs, tandis que certaines HPV-positives avaient un carcinome in situ. La majorité des femmes portaient un seul génotype HPV, mais jusqu’à cinq génotypes ont été détectés simultanément chez certaines. Le HPV16 était le plus fréquent dans les cancers (61 %), suivi des HPV33, HPV35 et HPV66. Des génotypes moins fréquents comme HPV18 et HPV45 ont également été identifiés. Chez les femmes sans cancer, les génotypes dominants étaient HPV35, HPV66, HPV52, HPV16, HPV53 et HPV68.
Étudier l’ADN tumoral circulant (plasma) : faible sensibilité pour le HPV16 et sensibilité moyenne pour le HPV33, avec des discordances fréquentes entre les génotypes détectés dans le sang et dans le col, justifiant un séquençage génomique complet. Cinquante échantillons ont été envoyés pour un séquençage approfondi, malgré des retards logistiques.

Renforcer les capacités locales : encadrement de deux masters et d’une thèse intégrant tous les volets du projet. Acquisition d’un QIAcube pour l’extraction et la préparation d’échantillons, renforçant la capacité locale en analyses moléculaires.
Diffuser les résultats scientifiques : présentation lors de plusieurs congrès et symposiums internationaux et nationaux.
La cérémonie a également été l’occasion pour Kouadio Guillaume, Directeur Général du CHU de Treichville, de souligner l’importance de cette initiative pour la santé publique, rappelant que le cancer représente une préoccupation majeure en Côte d’Ivoire. Le Professeur Menan Hervé, Directeur du CeDeReS, a félicité l’équipe et particulièrement la Professeure Koné pour son expertise unique en biologie moléculaire médicale dans le pays, saluant la qualité du travail réalisé et son impact potentiel sur la santé des populations ivoiriennes.
Le projet ACICHPV-CI, financé par le FONSTI dans le cadre de l’édition spéciale « Femmes & Science » 2022, a bénéficié du soutien de plusieurs partenaires institutionnels et associatifs, démontrant l’importance de la collaboration multidisciplinaire dans la recherche biomédicale.
Conclusion et perspectives :
L’étude décrit avec précision l’épidémiologie moléculaire du HPV en Côte d’Ivoire et souligne la nécessité d’outils moléculaires avancés, comme le séquençage, pour une meilleure caractérisation des infections à HPV et du cancer du col. Elle constitue également une première étape pour de futurs travaux scientifiques visant à améliorer la détection précoce des cancers liés au HPV.

La Professeure Koné a exprimé sa gratitude envers l’équipe du laboratoire, les partenaires institutionnels, les structures hospitalières et universitaires, ainsi que les ONG. Une mention spéciale a été faite pour la Professeure Koné Fatoumata et son équipe. Le financement reçu a permis de réaliser la première phase du projet et constitue un point de départ pour de futurs développements scientifiques.
Baikoro Aboubakar

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