Ericsson Côte d’Ivoire : la tempête sociale éclate autour de 11 licenciements contestés

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Derrière les vitres feutrées des bureaux d’Ericsson Côte d’Ivoire, le climat social s’est brutalement assombri. Entre accusations de licenciements abusifs, dénonciations de harcèlement syndical et soupçons de violations répétées du Code du travail ivoirien, la filiale du géant suédois des télécommunications fait désormais face à une fronde syndicale d’une rare intensité. Réunis devant la presse, ce jeudi 7 mai 2026, les représentants des travailleurs ont choisi de sortir de l’ombre pour exposer ce qu’ils qualifient de « passage en force » de la direction locale.

Dans une salle empreinte de gravité, les responsables syndicaux d’Ericsson Côte d’Ivoire ont choisi de briser le silence. Face à la presse nationale et internationale, les représentants des travailleurs ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « licenciements abusifs », de « harcèlement syndical » et de « violations répétées du Code du travail ivoirien ».

Au cœur de cette crise sociale : le licenciement de 11 employés, dont plusieurs délégués syndicaux protégés.

Prenant la parole en ouverture de la conférence de presse, Koné Francis, Responsable administratif et Secrétaire général de l’Alliance Syndicale des Travailleurs, a planté le décor d’un conflit devenu, selon lui, « symptomatique des dérives de certaines multinationales ».

« Lorsqu’une entreprise se présente comme citoyenne, il faut aussi regarder ce qui se passe réellement dans la gestion humaine. Aujourd’hui, nous prenons l’opinion nationale et internationale à témoin », a-t-il déclaré.

Selon les syndicalistes, Ericsson Côte d’Ivoire serait engagée depuis plusieurs années dans une série de pratiques contestées : disparités salariales, non-application d’accords homologués par le Tribunal du travail, irrégularités sur les cotisations CNPS et pressions contre les représentants du personnel.

Le Secrétaire général national du SYNAPOSTEL-CI, Arsène Ahoké, a détaillé les griefs accumulés contre la direction locale d’Ericsson.

« Pendant près de deux ans, nous avons dû nous battre pour que le 13e mois soit accordé à l’ensemble des travailleurs. Un protocole d’accord a été signé devant le Tribunal du travail depuis 2023, mais jusqu’à ce jour, plusieurs engagements restent inappliqués », a-t-il dénoncé.

Le responsable syndical affirme également qu’un audit indépendant aurait mis en évidence des anomalies dans les prélèvements CNPS et les calculs fiscaux appliqués aux salariés.

« Nous avons privilégié le dialogue jusqu’au bout. Mais aujourd’hui, au lieu d’écouter les travailleurs, on s’en prend aux représentants syndicaux », a regretté Arsène Ahoké.

Au centre de la contestation figure la procédure de licenciement économique engagée par l’entreprise. Les syndicats dénoncent une opération menée « sans transparence » et sans consultation réelle des représentants du personnel.

Selon eux, parmi les 11 salariés licenciés figurent trois délégués syndicaux protégés, alors même que l’autorisation préalable de l’Inspection du travail n’aurait pas été obtenue.

« On nous parle de restructuration, mais les critères de sélection n’ont jamais été clairement définis. Pourquoi certains employés expérimentés sont-ils licenciés pendant que d’autres postes sont recréés ailleurs ? », s’est interrogé Koné Francis.

Les syndicalistes évoquent également le recrutement de personnels expatriés pendant que des travailleurs ivoiriens seraient poussés vers la sortie.

Face à ce qu’ils considèrent comme un « passage en force », les travailleurs ont déclenché une grève de 48 heures et saisi plusieurs institutions nationales et internationales, notamment le Conseil national du dialogue social (CNDS) et l’Organisation internationale du travail (OIT).

« Nous ne sommes pas dans une logique de destruction de l’entreprise. Nous voulons simplement que les lois ivoiriennes soient respectées », a insisté Arsène Ahoké.

Alors que les tensions restent vives, les syndicats appellent désormais les autorités ivoiriennes à renforcer le contrôle des multinationales opérant sur le territoire national.

Josué Koffi

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