Fonsti/ Yamoussoukro : l’Afrique des insectes passe à l’offensive pour sauver les cultures et vaincre le paludisme

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Sous les projecteurs de l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB) de Yamoussoukro, les insectes ont cessé d’être de simples objets de laboratoire pour devenir les nouveaux soldats de la souveraineté africaine. Pendant trois jours, chercheurs, étudiants et experts venus de 11 pays ont transformé la capitale politique ivoirienne en quartier général scientifique continental. Au cœur des débats : comment l’entomologie peut désormais protéger les récoltes, freiner les épidémies et renforcer la sécurité alimentaire en Afrique.

La 3e conférence internationale de la Société d’Entomologie de Côte d’Ivoire (SECI), qui s’est achevée ce jeudi 8 mai 2026, aura surtout marqué les esprits par l’ambition affichée : faire de la science africaine une réponse concrète aux urgences africaines.

Une mobilisation scientifique d’envergure continentale

Ils étaient exactement 323 participants à prendre part à cette grand-messe scientifique. Chercheurs confirmés, jeunes doctorants et spécialistes des sciences biologiques ont présenté 203 communications autour des enjeux liés aux insectes et à leur impact sur la santé humaine, animale et environnementale.

Dans les amphithéâtres de l’INP-HB, une conviction dominait : l’entomologie n’est plus une discipline marginale. Elle devient un levier stratégique de développement.

« Nous devons produire des solutions adaptées à nos réalités africaines », a insisté un intervenant au terme d’un panel consacré à la résilience agricole face aux changements climatiques.

CRISPR-Cas9 et drones : la révolution technologique en marche

L’un des temps forts de la conférence aura été la présentation des nouvelles technologies utilisées dans la lutte contre les insectes ravageurs et les vecteurs de maladies.

Des scientifiques ont notamment exposé les avancées du système génétique CRISPR-Cas9, considéré comme une arme prometteuse contre le paludisme. Grâce à cette technologie, les chercheurs espèrent réduire considérablement les populations de moustiques transmettant la maladie.

En parallèle, les drones agricoles de précision ont retenu l’attention des participants. Utilisés pour surveiller les cultures et limiter les traitements chimiques massifs, ces outils ouvrent une nouvelle ère pour une agriculture plus intelligente et respectueuse de l’environnement.

L’approche dite « One Health » — une seule santé — a largement dominé les échanges. « La santé humaine, animale et environnementale sont intimement liées », ont rappelé plusieurs experts.

Un hommage poignant au Professeur Soro Yaya

Mais la conférence n’a pas seulement vibré au rythme des innovations scientifiques. L’émotion a également gagné l’assistance lors de la cérémonie de clôture.

Le Professeur Yourougou Pierre, Directeur général adjoint de l’INP-HB, a rendu un hommage appuyé au Professeur Soro Yaya pour son engagement exceptionnel dans l’organisation de l’événement, malgré une douloureuse épreuve personnelle récente.

Dans une salle debout et profondément émue, plusieurs participants ont salué « un homme de science et de devoir », arrachant une salve d’applaudissements nourris.

La jeunesse scientifique et les femmes à l’honneur

Les distinctions décernées aux meilleurs chercheurs ont constitué un autre moment fort de cette rencontre internationale.

Les docteurs Siapo Yaou Martial de Côte d’Ivoire et Balbone Mahamoudou du Burkina Faso se sont illustrés dans les présentations techniques, tandis que les docteurs Koné Pitou Gontran Émilie et Kouadio Affoué France ont incarné la montée remarquable des femmes africaines dans les sciences dures.

Au-delà des récompenses, la conférence aura surtout permis de poser les bases de nouvelles coopérations scientifiques entre la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Burkina Faso, avec l’appui du FONSTI et de la coopération allemande.

En clôturant officiellement les travaux, le Professeur Yourougou Pierre a lancé un appel fort : « Les recommandations issues de cette conférence doivent désormais devenir des politiques publiques concrètes. »

À Yamoussoukro, l’entomologie africaine a repris son envol. Et cette fois, elle entend bien changer le destin des populations.

Josué Koffi

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