La tension monte dans le paysage politique ivoirien. Le 9 août 2025, Moïse Lida Kouassi, ministre d’État, et Boubacar Koné, ambassadeur, tous deux hauts responsables du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), ont été arrêtés et placés en garde à vue. Une mesure qui provoque l’indignation et l’inquiétude dans les rangs de l’opposition.

Un cri d’alarme depuis le siège du parti
Le 10 août, au siège du PPA-CI, Dano Djédjé, président exécutif, et Justin Katinan Koné, président du Conseil stratégique et politique, ont tenu une conférence de presse pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « harcèlement judiciaire et politique » orchestré par le pouvoir en place.
« Ces arrestations s’inscrivent dans une opération d’intimidation visant à réduire au silence nos cadres et nos militants », a déclaré M. Djédjé, visiblement préoccupé.

Un contexte de forte mobilisation
La veille, le parti avait organisé à Yopougon une manifestation pour protester contre ce qu’il considère comme une « répression systématique ».
Les responsables, plusieurs militants ont récemment été enlevés ou longuement interrogés par les forces de sécurité.
« Ces actes constituent une violation grave de la Constitution et des droits fondamentaux », a martelé le président exécutif, exigeant la libération immédiate des cadres arrêtés et de tous les prisonniers d’opinion.

Une arrière-pensée politique pointée du doigt
Pour le PPA-CI, ces arrestations ne sont pas fortuites. Le parti estime qu’elles visent à étouffer la contestation contre la candidature du président Alassane Ouattara à un quatrième mandat, que l’opposition juge anticonstitutionnelle.
« Tout est mis en œuvre pour empêcher un débat démocratique serein sur l’avenir du pays », a accusé Justin Katinan Koné, appelant les militants à « rester mobilisés et déterminés ».
Un appel au dialogue national
Malgré la tension, le PPA-CI réitère sa volonté de privilégier la voie du dialogue. Les responsables affirment avoir déjà adressé deux courriers au gouvernement pour réclamer l’ouverture de discussions en vue d’organiser des élections « transparentes, inclusives et apaisées ».
« La paix sociale et la stabilité de notre nation sont à ce prix », a conclu Dano Djédjé, insistant sur l’importance d’une concertation nationale pour éviter l’escalade politique.
Dans un climat où la défiance entre pouvoir et opposition atteint un niveau critique, l’affaire Lida et Koné pourrait bien être un nouvel épisode d’un bras de fer politique qui s’annonce décisif à l’approche des échéances électorales.

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