Une célébration en marge de l’officiel
La Fête du Travail 2025 s’est tenue dans un contexte tendu pour la FESACI-CG, version Koffi Kouamé Kra Félix. Loin de la Primature où s’est déroulée la cérémonie officielle, cette tendance dissidente a marqué le 1er mai par une célébration sobre mais engagée dans l’enceinte de l’agence CIE de Treichville, en face du Grand Moulin. Loin d’un simple rassemblement symbolique, l’événement a été le théâtre d’une dénonciation vigoureuse des dysfonctionnements internes de la centrale syndicale et d’un rappel fort aux autorités sur les attentes sociales.

Une indignation face au « parti pris » du ministère de l’Emploi
Dans une déclaration sans détour, la porte-parole Kangouté Maïmouna Epse Fofana, Secrétaire générale confédérale adjointe 2, a exprimé l’indignation des militants face à la présence de Traoré Yakouba à la réunion préparatoire de la Fête du Travail. Ce dernier, exclu depuis septembre 2024, continue d’être reconnu par le ministère de l’Emploi, au mépris selon eux du dialogue social. « Cette situation est illégitime, contraire aux principes du dialogue social et nuisible à la paix sociale », a-t-elle martelé. Le groupe exige son exclusion définitive de toute représentation au nom de la confédération et une médiation impartiale pour restaurer l’ordre au sein de la FESACI-CG, orpheline depuis la disparition de son ex-leader Traoré Doya Mamadou.

Un chapelet de revendications en phase avec les réalités sociales
Dans un second temps, fidèle à la tradition du 1er mai, Maïmouna Kangouté a présenté une longue liste de revendications. Tout en saluant la mise en œuvre de la prime spéciale de fin d’année par le président de la République, elle a dénoncé les inégalités sociales, la répression syndicale, l’absence de dialogue effectif et appelé à un monde du travail plus équitable.

Les doléances générales concernent notamment la révision de la convention collective de 1977, la revalorisation des pensions, le respect des libertés syndicales, l’amélioration de la CMU et la ratification de la convention 190 de l’OIT. Dans le secteur public, les demandes portent sur les statuts particuliers, le paiement des arriérés et une meilleure implication des syndicats dans les réformes. Le privé et l’informel ne sont pas en reste, avec des revendications spécifiques pour les agents de sécurité, les transporteurs ou encore les enseignants du privé.
Un discours qui fait écho au-delà de la salle
Le discours, salué sur place par les militants, continue de faire réagir sur les réseaux sociaux. Nombreux sont ceux qui y voient un message d’espoir, une voix portée pour l’ensemble du monde du travail ivoirien, toutes catégories confondues.
M.D

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