À sept mois de la présidentielle, l’ancien président Laurent Gbagbo retire son parti de la Commission Électorale Indépendante, dénonçant une mascarade électorale en préparation.
Un retrait lourd de sens

À l’approche de l’élection présidentielle prévue en novembre 2025, la scène politique ivoirienne s’embrase. Ce vendredi 11 avril, Laurent Gbagbo, leader du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), a annoncé le retrait immédiat de son représentant au sein de la Commission Électorale Indépendante (CEI), qu’il qualifie désormais d’ »instrument docile du pouvoir ». Une décision qui fait l’effet d’une bombe à Abidjan, et qui pourrait rebattre les cartes du processus électoral.
Une CEI jugée partiale et disqualifiée
Dans une déclaration au ton grave, l’ancien chef de l’État a accusé la CEI de trahir sa mission d’impartialité. « Elle n’est plus une institution indépendante. Elle est devenue l’instrument d’un pouvoir qui refuse l’alternance, la transparence et l’inclusion », a-t-il martelé. Selon lui, l’institution électorale viole ses propres textes et tente d’écarter certains leaders de l’opposition en manipulant le processus électoral. Le refus d’un audit de la liste électorale et l’imposition de nouvelles règles jugées arbitraires sont, entre autres, les griefs soulevés par le président du PPA-CI.
Le spectre de 2011 plane
Laurent Gbagbo évoque avec insistance les souvenirs douloureux de la crise postélectorale de 2011, causée selon lui par une CEI « partiale et instrumentalisée ». Il avertit : « Nous ne voulons plus d’un autre 11 avril. » À travers cet acte fort, il se positionne non seulement comme opposant, mais comme veilleur de la paix nationale. Il refuse, dit-il, de « se rendre complice de la forfaiture qui se prépare ».
Un appel au dialogue national
Face à ce qu’il considère comme une « crise électorale latente », Laurent Gbagbo appelle à un dialogue politique inclusif entre l’opposition, la société civile et le pouvoir. Objectif : reconstruire la confiance autour du processus électoral et éviter une nouvelle descente aux enfers. « La Côte d’Ivoire mérite mieux. Le peuple mérite de choisir librement ses dirigeants », insiste-t-il.
Une pression croissante sur le pouvoir en place

Cette sortie de Gbagbo intervient dans un climat de méfiance grandissante entre le pouvoir et l’opposition. À sept mois du scrutin, elle place la CEI et le gouvernement sous pression nationale et internationale. Alors que le pays a fait de la paix et de la stabilité ses priorités, cette mise en garde risque bien de relancer le débat sur la transparence du processus électoral.
Josué Koffi

Average Rating