Abidjan, 2 janvier 2025 – À l’abattoir de Port-Bouët, l’annonce d’une hausse de 75% des frais d’enlèvement des déchets, décidée par la Fédération Nationale des Coopératives de la Filière Bétail et Viande de Côte d’Ivoire (FENACOFBVI-CI), a provoqué une vive révolte parmi les marchands de bétail. Ces derniers dénoncent une décision prise sans concertation, qui menace la viabilité de leurs activités.

Depuis le 1er décembre 2024, les frais d’enlèvement des ordures, notamment la litière (feuilles mortes et débris végétaux en décomposition), ont été augmentés de 20 000 à 35 000 FCFA par camion, soit une hausse de 75%. Cette décision, prise par Issiaka Sawadogo, président de la FENACOFBVI-CI, a été mise en place pour couvrir les charges opérationnelles croissantes liées à la gestion des déchets, dont un paiement mensuel de 3 millions de FCFA à l’ANAGED pour la collecte et l’entretien des infrastructures.
Pour les marchands de bétail, cette augmentation est jugée inacceptable et injustifiée. « Nous, membres de l’URSCMABA (Union Régionale des Sociétés Coopératives des Marchands de Bétail d’Abidjan), subissons de plein fouet cette hausse. Elle vient alourdir encore nos charges sans aucune concertation avec nous », a protesté Mory Coulibaly, président de l’URSCMABA. Selon lui, cette hausse, décidée de manière unilatérale, compromet la rentabilité de leurs activités, déjà fragilisées par d’autres coûts élevés.

L’URSCMABA dénonce une pratique qui ne tient pas compte des difficultés auxquelles les acteurs de la filière sont confrontés. « Cette augmentation est inadmissible. Nous n’avons pas été consultés et cela affecte directement la compétitivité de notre filière », a ajouté Coulibaly. L’union s’insurge contre une décision qui, selon eux, a été prise par un petit groupe de personnes non représentatives de l’ensemble des marchands de bétail.
Issiaka Sawadogo, pour sa part, justifie cette révision tarifaire en affirmant qu’elle est nécessaire pour maintenir la qualité des services. « Les frais augmentent en raison des charges opérationnelles, et cette révision a été décidée pour garantir un service de qualité », a-t-il expliqué.
Cependant, l’URSCMABA maintient sa position de rejet, soulignant que ses membres n’ont pas été associés à cette décision. « Nous tenons à préciser que nous n’avons été ni consultés ni informés à temps, et nous ne saurions être responsables des conséquences de cette mesure », a précisé Mory Coulibaly.

Face à cette situation, les marchands de bétail prennent à témoin l’opinion publique nationale et internationale et préviennent qu’ils ne sauront être tenus responsables des éventuelles conséquences de cette hausse des frais. Le débat est désormais ouvert sur la gestion des déchets à l’abattoir de Port-Bouët et ses implications pour les acteurs économiques de la filière bétail-viande.
Josué Koffi

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