Derrière les interminables files de camions, les procédures administratives parfois longues et les difficultés quotidiennes des commerçants, une nouvelle dynamique se dessine entre la Côte d’Ivoire et le Ghana. Les deux pays veulent désormais faire de leurs frontières terrestres non plus des zones de blocage, mais de véritables passerelles économiques au service de l’intégration régionale. Cette ambition a été affichée le mardi 4 août 2026 à la Chambre du Commerce et de l’industrie de Côte d’Ivoire, Abidjan-Plateau, lors d’une importante rencontre entre la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire (CCI-CI), la Ghana–Côte d’Ivoire Chamber of Commerce and Industry (GCCI-CI) et la Fédération Nationale des Associations de Commerçants de Côte d’Ivoire (FENACI).

Dans les locaux de la CCI-CI, les acteurs du secteur privé ivoirien et ghanéen ont affiché une volonté commune : bâtir un environnement commercial plus compétitif et faciliter davantage la circulation des biens et des investissements entre Abidjan et Accra.

Ouvrant les travaux, le Président de la CCI-CI a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner cette nouvelle étape de coopération économique.
Les objectifs de la mission et les résultats des différentes visites effectuées sur les principaux corridors frontaliers ont été présentés lors de cette rencontre.

Prenant la parole, Son Excellence Mme Henriette Adjoua Lagou, Présidente du Conseil d’administration de la GCCI-CI, a dévoilé la vision de cette chambre consulaire qui ambitionne de rapprocher davantage les économies ivoirienne et ghanéenne.
« Notre ambition est de renforcer le commerce bilatéral, de structurer les corridors économiques transfrontaliers, de promouvoir les investissements privés et de créer un cadre moderne de dialogue entre les secteurs public et privé », a-t-elle déclaré.



Au-delà des ambitions affichées, les réalités du terrain demeurent préoccupantes. Sa Majesté Royale Nana Kyeremaa Tua Abrafikoto, Fondatrice et Présidente de la GCCI-CI, a rappelé que l’action de cette institution repose sur « la paix économique, la fraternité entre les peuples ghanéen et ivoirien et la prospérité partagée ».
Les missions conduites sur les postes frontaliers de Noé–Elubo, Takikrom–Gonokrom, Soko–Sampa, Niablé–Oseikojokrom et Aflao–Togo ont permis de relever plusieurs difficultés majeures.

Parmi elles figurent l’insuffisance des infrastructures, l’absence de scanners modernes, les lourdeurs douanières, les prélèvements informels, le manque de coordination entre administrations ainsi que les difficultés d’accès à l’information pour de nombreux opérateurs économiques.
Le cas du corridor Aflao–Togo a particulièrement retenu l’attention. Les représentants de la FENACI ont alerté sur les contraintes rencontrées par certains commerçants concernant plusieurs catégories de marchandises. Face à cette situation, la GCCI-CI a indiqué avoir engagé des consultations avec les autorités traditionnelles d’Aflao, les transporteurs, les administrations et les acteurs économiques afin d’aboutir à des solutions durables.



À l’issue des échanges, plusieurs décisions importantes ont été adoptées pour moderniser les corridors commerciaux entre les deux pays.
Les participants ont convenu de la création d’un Comité Technique Conjoint regroupant la CCI-CI, la GCCI-CI et la FENACI. Un point focal sera également désigné au sein de la CCI-CI afin d’assurer le suivi des recommandations.
Un rapport technique détaillé sur les difficultés rencontrées aux frontières sera élaboré. Les acteurs ont aussi annoncé l’organisation prochaine d’un Forum économique Ghana–Côte d’Ivoire réunissant administrations publiques, opérateurs économiques et partenaires techniques.
Le Président de la CCI-CI a salué « la qualité du travail accompli » par la GCCI-CI, estimant que les informations recueillies sur le terrain permettront de renforcer les actions déjà engagées auprès des autorités ivoiriennes pour améliorer le climat des affaires.



Il a également rendu hommage au leadership de Sa Majesté Royale Nana Kyeremaa Tua Abrafikoto et félicité Son Excellence Mme Henriette Adjoua Lagou pour son engagement dans la structuration de cette chambre consulaire.
Au terme de cette rencontre, un message fort s’est dégagé : l’avenir économique de la Côte d’Ivoire et du Ghana dépendra de leur capacité à transformer les obstacles frontaliers en opportunités de développement.
Entre Abidjan et Accra, le pari est désormais lancé : construire des corridors plus modernes, plus rapides et plus efficaces, capables de soutenir les ambitions de la CEDEAO et de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf).




Car au-delà des marchandises et des chiffres, ce sont deux peuples liés par l’histoire qui veulent écrire ensemble une nouvelle page de leur coopération économique. Les frontières ne devront plus séparer, mais rapprocher.
Josué Koffi

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