À Bouaké, l’Université Alassane Ouattara (UAO) franchit un pas décisif vers une gestion durable de l’environnement en lançant un projet novateur de construction de latrines écologiques. Destinée à produire des biofertilisants et des biopesticides, cette initiative baptisée ECOSAN ambitionne à la fois d’améliorer l’hygiène publique et de soutenir l’agriculture locale.
La cérémonie officielle de lancement s’est tenue le jeudi 20 novembre 2025 au campus 1 de l’UAO, en présence d’acteurs du monde universitaire et éducatif. Entièrement financé par le Fonds pour la science, la technologie et l’innovation (FONSTI) à hauteur de 45 millions de francs CFA, le projet s’étendra sur trois ans et s’inscrit pleinement dans les objectifs nationaux de souveraineté alimentaire.

Les latrines modernes, qui seront implantées sur trois sites — l’Université Alassane Ouattara, le lycée technique et la mairie — visent à mettre fin aux pratiques de défécation et d’urination à l’air libre, encore fréquentes dans certains espaces publics. Les déchets recueillis seront transformés en engrais biologiques destinés aux agriculteurs.

Pour le coordonnateur scientifique du projet, Dr Sehi Zokagnon Sylvain, enseignant-chercheur à l’UAO, ce programme est avant tout un levier de transformation sociale :
« Ce projet vise à changer les comportements. Il s’agit d’amener les populations à abandonner les pratiques insalubres et à adopter ces nouvelles toilettes. Elles contribueront à assainir la ville ainsi que les espaces scolaires et universitaires. »
Il souligne également l’intérêt agricole et sanitaire des futures installations :
« Sur le plan environnemental, ECOSAN permettra d’améliorer le cadre de vie des élèves et étudiants. Sur le plan social, il favorisera la consommation d’aliments plus sains. Les produits chimiques actuellement utilisés sont nocifs. Les biofertilisants et biopesticides issus des déchets traités ne présentent aucun risque. Ce projet profitera aux apprenants comme aux agriculteurs. »

Au nom du président de l’UAO, le professeur Yoroba Fidèle, vice-président chargé de la recherche, de l’innovation et des relations extérieures, a salué une initiative porteuse d’avenir :
« Ce projet écologique contribuera à protéger l’environnement et à assainir nos espaces universitaires et scolaires. Nous espérons qu’il pourra bénéficier au plus grand nombre. »

Représentant le secrétaire général du FONSTI, le professeur Assouma Bamba a, pour sa part, réaffirmé l’engagement du fonds à appuyer toutes les actions visant à améliorer durablement les conditions de vie des populations.
WK

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