Après près de trois décennies de silence, les sonorités, danses et saveurs du terroir Dida ont de nouveau résonné à Bogoblé, dans le département de Zikisso (Lakota). Du vendredi au dimanche 30 août 2026, le village a renoué avec une tradition culturelle à travers la première édition de la fête annuelle de la Mutuelle de Développement de Bogoblé (MUDEBO), dénommée « ALOKOH DJADJO BOGO 2026 ».

Pendant trois jours, populations de Bogoblé et des localités environnantes ont communié autour d’un programme mêlant culture, sport et retrouvailles. Objets d’art traditionnels Dida, danses typiques des Zikié, mets traditionnels de Zikisso et compétitions sportives ont animé cette célébration.
Pour les organisateurs, il ne s’agissait pas seulement de faire la fête. L’enjeu était également de permettre aux jeunes générations de mieux connaître un patrimoine culturel qui constitue une part essentielle de l’identité de la communauté.
Cette volonté de transmission prend tout son sens puisque la dernière édition de cette manifestation remontait à 1996.

Le président du comité d’organisation, Ismael Gnahoua, s’est réjoui de la mobilisation enregistrée autour de cette première édition. Il a salué l’implication des différents acteurs et exprimé sa reconnaissance aux autorités coutumières, religieuses et administratives, ainsi qu’aux élus locaux, pour leur accompagnement.
À sa suite, le chef central, Douto Mesmer Gobli, a salué la démarche de la MUDEBO. Pour lui, cette initiative permet de « redonner vie » à une manifestation culturelle restée en sommeil pendant près de trois décennies.

Prenant la parole, le président de la MUDEBO, Dr Siméon Goubo, a expliqué que la relance d’« Alokoh Djadjo » répond à une ambition plus large. La fête doit être un cadre de rassemblement, de transmission des valeurs culturelles, mais aussi de mobilisation des filles et fils de Bogoblé autour du développement de leur village.
Il a appelé les ressortissants de la localité à unir leurs forces pour accompagner les initiatives en faveur de Bogoblé.
S’adressant particulièrement à la jeunesse, Dr Siméon Goubo a insisté sur la nécessité de privilégier le travail, la responsabilité et l’engagement. Il l’a également invitée à se détourner de la facilité et des comportements susceptibles de compromettre son avenir.
Mme le sous-préfet de Zikisso a, de son côté, félicité les organisateurs, notamment la MUDEBO, pour cette initiative et pour la dynamique de développement engagée en faveur de Bogoblé.



Elle a encouragé la poursuite de cette mobilisation collective, estimant que la valorisation du patrimoine culturel peut contribuer à consolider la cohésion sociale et à soutenir le développement local.
Au-delà des prestations culturelles, les activités sportives ont également occupé une place importante dans le programme. Les compétitions de maracana ont notamment suscité l’enthousiasme des populations.
Ouverte par une finale de maracana et achevée par une autre finale de la même discipline, la manifestation aura ainsi offert trois jours de partage, de convivialité et de retrouvailles.
Avec « ALOKOH DJADJO BOGO 2026 », Bogoblé tourne une nouvelle page de son histoire culturelle. Après le retour de cette tradition, le défi sera désormais de la transmettre, de la faire vivre et d’en faire un rendez-vous attendu, année après année, par les générations présentes et futures.
A.Jm

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