L’hémicycle ivoirien a été au coeur d’intenses échanges ce mardi 14 Avril 2026, à l’occasion d’une séance plénière décisive pour l’avenir du pays. Sous la houlette du président de l’Assemblée nationale, Patrick Achi, les députés ont planché sur deux textes majeurs : le Plan National de Développement (PND) 2026-2030 et la loi portant création de l’Observatoire National de la Détention (OND).

Un PND ambitieux pour hisser la Côte d’Ivoire vers de nouveaux sommets
Avec 203 députés présents sur 255, la représentation nationale a largement validé le nouveau PND, véritable boussole économique pour les cinq prochaines années. Présenté par Allangba Kouakou Mermoz au nom de la Commission des affaires économiques et financières, ce plan s’inscrit dans la vision stratégique « Côte d’Ivoire 2040 ».
« L’ambition est de hisser la Côte d’Ivoire dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure à l’horizon 2030 », a-t-il indiqué, évoquant un besoin de financement public estimé à 37 933,1 milliards de FCFA.
Malgré son adoption à l’unanimité, des voix discordantes se sont élevées, notamment du côté du groupe PDCI-RDA.
Des réserves de l’opposition sur la viabilité du modèle économique
Prenant la parole, Blessy Chrisostome n’a pas caché ses inquiétudes quant aux fondements du plan. « Le PND tel que présenté repose sur des hypothèses que la Côte d’Ivoire ne maîtrise pas », a-t-il martelé, citant une croissance soutenue de plus de 7 %, la stabilité des marchés internationaux ou encore la contribution majoritaire du secteur privé.
Le député a également pointé les limites de la stratégie de transformation agricole, en particulier celle du cacao. « Le projet actuel n’est pas suffisamment ambitieux pour capter toute la valeur ajoutée », a-t-il déploré, appelant à une industrialisation plus poussée du secteur.
En réponse, le groupe RHDP, par la voix de Koné Dossongui, a affiché un soutien sans réserve au texte, le qualifiant de « levier essentiel de transformation structurelle ».
L’Observatoire National de la Détention au cœur d’un débat juridique
La seconde partie de la séance a été consacrée à l’examen du projet de loi instituant l’OND. Jacob A. Assougba, rapporteur de la Commission des affaires générales et institutionnelles, a souligné que cette initiative répond à un engagement international de la Côte d’Ivoire, notamment dans le cadre de la Convention contre la torture.
« Ce dispositif vise à protéger les personnes privées de liberté, en raison de leur vulnérabilité », a-t-il expliqué.
Si le RHDP a salué une avancée majeure en matière de droits humains, le PDCI-RDA a dénoncé une irrégularité procédurale. « C’est une violation manifeste des règles fondamentales de la procédure législative », a fustigé Blessy Chrisostome, évoquant un texte hérité de la précédente législature sans réintroduction conforme.

Malgré ces contestations et l’abstention de 27 députés, la loi a été adoptée par 176 voix, marquant une étape importante dans la réforme du système carcéral ivoirien.
Josué Koffi

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