Amélioration génétique animale : un levier stratégique pour la souveraineté alimentaire ivoirienne

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Face à une dépendance alimentaire persistante et à une pression croissante sur les ressources nationales, la Côte d’Ivoire franchit un cap décisif. Réunis, ce mardi 14 Avril 2026, en Commission des Affaires économiques et financières (CAEF), les députés ont adopté à l’unanimité le projet de loi portant réglementation de l’amélioration génétique animale, présenté par le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré. Une réforme ambitieuse qui s’inscrit dans la quête de souveraineté alimentaire.

Le constat est alarmant. La production nationale de viande, estimée à environ 60 000 tonnes par an, ne couvre que 60 % des besoins. Plus critique encore, le secteur halieutique affiche un déficit abyssal : pour une demande de plus de 726 000 tonnes de poisson en 2023, la production locale plafonne à 110 000 tonnes.

Cette insuffisance contraint l’État à importer massivement, engendrant une fuite de devises évaluée à plus de 400 milliards de FCFA par an. Une situation jugée intenable par les autorités, déterminées à inverser la tendance.

« Ce projet de loi vise à sécuriser les transactions, à protéger nos sept filières animales et à préserver notre patrimoine génétique unique », a déclaré le ministre Sidi Tiémoko Touré devant les parlementaires.

Structuré en 43 articles répartis en sept chapitres, le texte encadre la production, l’importation et l’exportation du matériel génétique animal. Il fixe également des règles strictes pour les acteurs du secteur, assorties de sanctions en cas de non-respect.

Pour les professionnels, ce dispositif répond à une attente forte : « un cadre clair et sécurisé » permettant « d’investir sereinement » et de « développer durablement leurs activités ».

Au cœur de cette réforme, l’amélioration génétique animale apparaît comme un levier stratégique. En renforçant la résistance aux maladies, en améliorant la qualité des produits et en augmentant les rendements, elle ouvre la voie à une transformation durable des systèmes d’élevage.

Cette dynamique s’inscrit dans la mise en œuvre de la Politique nationale de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture (PONADEPA 2022-2026), qui promeut des modèles intensifs adaptés aux réalités locales.

« Voter cette loi, c’est donner aux Ivoiriens les moyens de se nourrir par eux-mêmes », a insisté le ministre, tout en soulignant l’exigence du « bien-être des animaux ».

Si l’adhésion est globale, certaines voix appellent à la vigilance. Le groupe parlementaire Solidarité plaide pour un encadrement éthique rigoureux et une meilleure protection des petits éleveurs.

De son côté, le groupe PDCI-RDA met en garde contre les insuffisances structurelles : déficit en infrastructures, manque de laboratoires spécialisés et insuffisance de ressources humaines qualifiées.

Au-delà de ces réserves, une convergence se dégage. Tous s’accordent sur la nécessité de faire de « l’économie animale et bleue » un moteur de croissance, capable de « transformer les viveurs en entrepreneurs » et de générer de la richesse durable.

En saluant « l’engagement de l’ensemble des groupes parlementaires » et « la volonté commune d’agir pour l’intérêt national », Sidi Tiémoko Touré a réaffirmé l’ambition du gouvernement : bâtir une Côte d’Ivoire autosuffisante, résiliente et tournée vers l’avenir.

Josué Koffi

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