Secteur de la Publicité en Côte d’Ivoire : le gouvernement serre la vis pour assainir un secteur en pleine mutation

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À l’heure où les écrans numériques, les réseaux sociaux et les nouveaux supports de communication redessinent le paysage médiatique ivoirien, les autorités entendent reprendre fermement le contrôle d’un secteur publicitaire en pleine expansion. Entre réorganisation de l’affichage, digitalisation des procédures et sanctions renforcées contre les contrevenants, le Conseil supérieur de la publicité (CSP) affiche désormais une ambition claire : faire de la publicité un levier de croissance économique tout en préservant l’ordre urbain et les intérêts des consommateurs.

Cette volonté a été réaffirmée mardi 2 juin 2026 à l’occasion de la tribune hebdomadaire « Tout Savoir Sur » (TSS), organisée par le Centre d’Information et de Communication Gouvernementale (CICG) au Système Intégré de Gestion du Foncier Urbain (SIGFU), à la Cité administrative du Plateau.

Invité principal de cette rencontre, Alassane Koné, Conseiller technique du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, et président du Conseil supérieur de la publicité (CSP), a dressé le bilan des réformes entreprises sous l’impulsion du ministre Amadou Coulibaly.

Selon lui, le secteur connaît une profonde transformation marquée notamment par la réorganisation de l’affichage publicitaire sur l’ensemble du territoire national.

« À ce jour, 157 axes ont déjà été réorganisés, représentant plus de 2 000 points d’emplacement publicitaire », a indiqué Alassane Koné devant un parterre de journalistes et d’acteurs du secteur.

À Abidjan, 53 axes ont été restructurés tandis que 104 autres l’ont été dans plusieurs villes de l’intérieur du pays, notamment Assinie-Mafia, Bouaké, Korhogo et San Pedro.

Au-delà de la réorganisation physique des espaces publicitaires, le CSP mise désormais sur le numérique pour améliorer sa gouvernance.

Une cartographie digitalisée des panneaux publicitaires réguliers a été réalisée dans le district autonome d’Abidjan afin de mieux encadrer l’occupation de l’espace public.

Le CSP poursuit également la digitalisation de ses procédures administratives, notamment la validation des messages publicitaires et la gestion des autorisations.

Dans cette dynamique, la plateforme citoyenne « Pub Alerte » sera prochainement lancée.

« Cette plateforme permettra aux citoyens de signaler les irrégularités constatées sur le terrain et de contribuer à la professionnalisation du secteur », a expliqué Alassane Koné.

Des solutions modernes de prise télé et radio ainsi qu’une marketplace dédiée à l’affichage publicitaire sont également en cours de développement.

Face à la persistance de pratiques jugées anarchiques, les autorités annoncent un changement de ton.

Le président du CSP a dénoncé les affichages sauvages sur les murs, les poteaux électriques et d’autres espaces publics, réalisés en dehors des circuits professionnels agréés.

« Ces comportements portent atteinte à la salubrité urbaine et dégradent considérablement le paysage visuel des villes », a-t-il déploré.

Les contrevenants s’exposent désormais à des sanctions financières pouvant atteindre entre 3 % et 5 % de leur chiffre d’affaires, assorties de contraventions et, dans certains cas, de poursuites pénales.

Cette fermeté s’est déjà traduite par le démantèlement de près de 7 000 panneaux publicitaires irréguliers en seulement six mois. La pose de nouveaux panneaux est par ailleurs interdite dans le district autonome d’Abidjan.

« La phase de la sensibilisation est passée. Nous sommes entrés dans une phase où il y aura certainement un peu plus de répression », a averti Alassane Koné.

Pour le gouvernement, l’assainissement du marché publicitaire constitue un enjeu stratégique. Bien que représentant actuellement moins de 1 % du PIB national et générant environ 30 milliards de FCFA par an, le secteur dispose d’importantes marges de croissance.

À travers ces réformes, les autorités entendent attirer davantage d’investissements, renforcer la professionnalisation des acteurs et bâtir un environnement publicitaire moderne, transparent et compétitif.

Josué Koffi

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