Plus de 300 femmes venues de différents horizons ont pris d’assaut, ce samedi 1er août 2026, la mairie de Yopougon, à Abidjan, pour la première activité de la Semaine nationale des femmes bâtisseuses de la Nation ivoirienne. Cette cérémonie, organisée en prélude à la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, a réuni plusieurs autorités, des représentants d’organisations socioprofessionnelles, des acteurs politiques, des universitaires et des professionnels des médias.

Placée sous le thème « 66 ans après l’indépendance : quels acquis et perspectives pour les femmes ? », cette initiative portée par l’ONG Femmes Ivoiriennes en Politique (FIP) vise à rendre hommage à la contribution des femmes ivoiriennes dans la construction nationale et à ouvrir une réflexion sur les défis liés à leur autonomisation et à leur participation au développement du pays.
Les activités, qui se déroulent du 1er au 3 août 2026, seront marquées par des panels, des échanges et une exposition dédiée à la mémoire des femmes ayant contribué à l’histoire de la Côte d’Ivoire. Elles s’achèveront le 4 août par un grand gala de distinction au Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan-Cocody, au cours duquel 66 femmes pionnières seront honorées pour leurs parcours et leurs engagements.
Rebecca Yao : « Les femmes façonnent depuis plus de 66 ans la vie de notre nation »
Dans son allocution d’ouverture, Rebecca Yao, présidente de Femmes Ivoiriennes en Politique, a rendu hommage à la femme ivoirienne, présentée comme un symbole de résilience, de courage et de transformation sociale.

Selon elle, le chiffre 66, qui marque l’anniversaire de l’indépendance, renvoie à « l’harmonie familiale, l’amour inconditionnel et la double prospérité », des valeurs qu’elle associe à la femme, « symbole de douceur, de vie et d’amour, mais aussi pilier fort de la famille et de la société ».
Elle a rappelé que les femmes ivoiriennes, qu’elles soient issues du monde rural, des villes, des marchés, des entreprises ou des institutions, ont toujours joué un rôle majeur dans l’évolution du pays.
« Les femmes sont bien là : celles du monde rural, des villes, des champs, des marchés, des instances de décision. Elles façonnent depuis plus de 66 ans la vie de notre nation », a-t-elle affirmé.
Rebecca Yao a également évoqué la participation historique des femmes ivoiriennes aux luttes anticoloniales, notamment la mobilisation de milliers de femmes en 1949 à Grand-Bassam, qui avaient uni leurs forces au-delà des différences sociales et culturelles pour défendre une cause nationale.

Pour la présidente de FIP, cette semaine constitue un moment de bilan et de projection. « D’où sommes-nous partis ? Où en sommes-nous aujourd’hui ? Et où allons-nous ? », a-t-elle interrogé, appelant à une réflexion collective sur les acquis obtenus depuis l’indépendance et les perspectives à construire pour les générations futures.
Ahoua Ndoli : « Le destin d’une nation est indissociable de l’épanouissement de ses femmes »
Parrain de la cérémonie, Ahoua Ndoli a salué l’initiative de Rebecca Yao et de son équipe, estimant que la célébration des femmes bâtisseuses répond à un devoir de mémoire et de reconnaissance nationale.
« Le destin d’une nation est indissociable de l’épanouissement de ses femmes. Chaque femme qui ose ouvrir un chemin, affronter les obstacles, briser les barrières et repousser les limites du possible, ne transforme pas seulement son propre destin. Elle élargit aussi l’horizon de toute une nation », a-t-il déclaré.

À quelques jours de la célébration officielle du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance, prévue à Yopougon, il a souligné les avancées enregistrées par la Côte d’Ivoire dans la promotion des femmes, notamment dans l’éducation, la santé, l’entrepreneuriat et l’accès aux responsabilités publiques.

Selon lui, ces progrès se sont renforcés ces dernières années grâce aux politiques mises en œuvre sous le leadership du président de la République, Alassane Ouattara.
Toutefois, Ahoua Ndoli a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts, particulièrement en matière d’autonomisation économique des femmes.
« Quand une femme peut se débrouiller seule, elle gagne en indépendance », a-t-il indiqué, avant de rappeler une pensée de la Prix Nobel de la paix Malala Yousafzai : « Aucune lutte ne peut aboutir sans la participation des femmes aux côtés des hommes ».
Un hommage aux pionnières et un appel à l’action

Cette rencontre a également permis de mettre en lumière les parcours de femmes ayant marqué la Côte d’Ivoire dans plusieurs domaines : politique, administration, justice, éducation, santé, culture, sciences, économie et entrepreneuriat.
Pour Ahoua Ndoli, honorer ces femmes constitue un message fort adressé aux jeunes générations.
« Nos jeunes filles doivent comprendre que les plus belles réussites naissent de la discipline, du travail, de la persévérance et du sens de l’intérêt général », a-t-il soutenu.
Il a souhaité que les travaux du colloque aboutissent à des propositions concrètes à travers un livre blanc destiné à accompagner la réflexion nationale sur le leadership féminin et les politiques publiques.
Un panel consacré à l’autonomisation des femmes
La cérémonie a été enrichie par un panel consacré à l’autonomisation des femmes, réunissant des femmes leaders issues de plusieurs sensibilités politiques et secteurs d’activité.
Les échanges ont porté notamment sur les acquis, les défis persistants et les stratégies à mettre en œuvre pour renforcer la participation des femmes à la vie économique, sociale et politique de la Côte d’Ivoire.
À travers cette Semaine nationale des femmes bâtisseuses de la Nation ivoirienne, les organisateurs ambitionnent de célébrer l’héritage des pionnières, de valoriser les réussites féminines et de promouvoir une société où les femmes occupent pleinement leur place dans la construction de l’avenir national.
Ibo François

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