3 COP, un même défi : l’agriculture des Suds au cœur des urgences climatiques et environnementales

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De la désertification à la biodiversité, en passant par le changement climatique, les trois grandes COP de 2026 placent les systèmes agricoles et alimentaires face à un impératif : passer des engagements aux actions concrètes. Le CIRAD entend peser dans ces discussions en mettant la science au service de transitions adaptées aux réalités des pays du Sud.

Les enjeux sont désormais étroitement liés. Dégradation des terres, raréfaction de l’eau, perte de biodiversité et dérèglement climatique fragilisent les agricultures, particulièrement dans les territoires les plus vulnérables. À travers ses travaux, le CIRAD défend une approche intégrée, capable de répondre simultanément à ces défis.

La COP17 sur la lutte contre la désertification, organisée à Oulan-Bator en Mongolie, doit notamment aborder la sécheresse, les migrations, le foncier, le pastoralisme et l’avenir des terres agricoles.

Pour Jean-Daniel Cesaro, géographe au CIRAD et spécialiste du pastoralisme, l’enjeu est aussi de mieux reconnaître le rôle des éleveurs et des communautés pastorales dans la gestion durable des territoires. La Déclaration d’Oulan-Bator 2026, intitulée « Nos terres, nos territoires, notre patrimoine, notre avenir », s’inscrit dans cette dynamique.

La question de l’eau prend également une dimension urgente. Les effets de la sécheresse observés dans plusieurs territoires montrent la vulnérabilité croissante des activités agricoles et d’élevage.

Sur le front de la biodiversité, Servane Baufumé, chargée d’affaires internationales et de capitalisation scientifique au CIRAD, met en avant la nécessité d’accélérer la mise en œuvre du Cadre mondial pour la biodiversité.

Le bilan mondial fait apparaître des progrès jugés insuffisants, ainsi que des lacunes en matière de données et de capacités. Pour le CIRAD, l’enjeu consiste donc à renforcer la coopération internationale, les financements et les liens entre science et décision publique.

L’organisation plaide également pour davantage de synergies entre les trois Conventions de Rio. Agriculture, santé, climat et biodiversité doivent désormais être pensés ensemble. L’expérience « One Limpopo One Health » illustre cette approche, avec un travail associant communautés locales, agriculture, élevage, biodiversité et santé.

Pour Vincent Blanfort, agro-écologue et chargé de mission changement climatique au CIRAD, l’agriculture doit occuper une place centrale dans les négociations climatiques. Les systèmes agricoles et alimentaires sont à la fois victimes du changement climatique, contributeurs aux émissions et porteurs de solutions.

La COP31 devrait notamment poursuivre les discussions sur la mise en œuvre de l’action climatique dans l’agriculture et la sécurité alimentaire. Agroécologie, agroforesterie, approches fondées sur les écosystèmes et financement climatique du secteur agricole figurent parmi les pistes examinées.

Le CIRAD entend ainsi défendre une agriculture plus résiliente, en associant connaissances scientifiques, savoirs locaux et participation des communautés.

À travers sa participation aux différentes COP, le CIRAD veut surtout contribuer à rapprocher les décisions internationales des réalités du terrain. Réduction des pesticides, pastoralisme, biodiversité cultivée, santé des socio-écosystèmes ou encore financement de la biodiversité : autant de dossiers qui dessinent les contours d’une même bataille.

Car pour les agricultures des Suds, le temps des constats touche à ses limites. L’urgence est désormais de transformer les engagements internationaux en solutions concrètes, adaptées aux territoires et capables de nourrir durablement les populations sans épuiser les ressources dont elles dépendent.

Josué Koffi

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