Soixante-quinze ans après ses premiers pas, le Centre National de Transfusion Sanguine de Côte d’Ivoire (CNTSCI) veut désormais regarder vers l’avenir. Lancé ce lundi à Treichville, le jubilé d’albâtre de l’institution a été placé sous le signe de la solidarité, de la gratuité du sang et de la souveraineté sanitaire, avec en ligne de mire une ambition : garantir à chaque patient l’accès à des produits sanguins sûrs.

De l’arrêté colonial du 28 avril 1951 à son érection en établissement public hospitalier national en 2022, le CNTSCI a connu une profonde transformation. Son réseau compte désormais plus de 45 sites de transfusion, tandis que la digitalisation des services renforce la traçabilité des produits sanguins.
Directeur général du CNTSCI, le Pr Yassongui Mamadou Sekongo a surtout insisté sur un principe : le sang reste gratuit en Côte d’Ivoire.

« L’État ne vend pas le sang. […] Le sang est gratuit en Côte d’Ivoire et c’est ce message que nous devons passer à la population », a-t-il rappelé.
Une politique soutenue au plus haut niveau de l’État. Représentant le Premier ministre Robert Beugré Mambé, la ministre d’État, ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l’administration, Anne Désirée Ouloto, a indiqué que plus de 52 milliards de FCFA ont été investis dans le secteur depuis 2023.

Le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre N’Gou Dimba, a salué les progrès enregistrés. En 2025, plus de 309 000 poches de sang ont été collectées, soit un taux de réalisation de 103,19 %, confirmant les progrès du pays vers l’autosuffisance transfusionnelle.

« Aujourd’hui, le CNTSCI ne se contente plus de collecter en quantité suffisante : il qualifie avec une rigueur absolue, transforme et assure la traçabilité totale du sang », a fait savoir Pierre N’Gou Dimba.
Le représentant résident de l’OMS en Côte d’Ivoire, Dr Lucien Alexis Manga, a, lui, estimé que ces résultats pouvaient servir de référence à d’autres pays africains.

Derrière les statistiques, ce sont des vies sauvées. Madame Fondio, épouse Sanogo, vice-présidente de l’Association des drépanocytaires et thalassémiques de Côte d’Ivoire, a rendu hommage aux donneurs anonymes qui ont contribué à son parcours.
Président de l’Union nationale des donneurs de sang bénévoles de Côte d’Ivoire, Gérard Bonaventure Kouassi, crédité de 116 dons, a également livré un témoignage poignant : « J’ai perdu ma mère parce qu’ils n’ont pas eu de sang, et moi j’ai décidé de donner du sang pour sauver d’autres mères et pour sauver tout le monde. »

Les célébrations se poursuivront jusqu’au 10 octobre 2026 avec des campagnes de collecte mobile et l’inauguration de centres déconcentrés. Le 9 octobre, une nouvelle tour futuriste de cinq niveaux abritant le siège de la Direction générale et le CRTS d’Abidjan sera officiellement inaugurée.



À 75 ans, le CNTSCI ne célèbre donc pas seulement son histoire. Il entend faire du don de sang un réflexe citoyen et de la sécurité transfusionnelle un acquis durable. Car derrière chaque poche collectée, il y a une urgence, un espoir et, souvent, une vie à sauver.
Josué Koffi

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