Affaire Construction du Marché Roxy d’Adjamé : Le Tribunal du Commerce tranche en faveur des femmes de la COMAGOA

Read Time:2 Minute, 7 Second

Au lendemain de la célébration de la Journée internationale de la femme, le verdict est tombé comme un couperet au Tribunal du Commerce d’Abidjan. Dans le bras de fer opposant la Coopérative des Marchés Gouro d’Adjamé (COMAGOA) à la société DIPIMO, la justice a dit le droit, redonnant espoir à des centaines de commerçantes spoliées.

Le jeudi 12 mars dans la salle d’audience. Le litige, qui dure depuis plus de quatre ans, porte sur la modernisation du mythique marché Roxy.

Pour Me N’golo Coulibaly, conseil de la coopérative, cette décision dépasse le simple cadre commercial. « Nous sommes très heureux. Ce procès convoquait l’égalité des genres et le respect des droits de la femme.

Bien que prédominé par des hommes, le jury présidé par une dame a rendu une décision très attendue », a-t-il déclaré avec satisfaction.

La sentence est sans appel : la résolution du contrat de bail à construction est prononcée, le déguerpissement du promoteur ordonné, et la société DIPIMO condamnée à verser 500 millions de F CFA de dommages et intérêts à la COMAGOA.

L’histoire commence en août 2021. Les héritières de feue Nanti Lou Irié Rosalie, fondatrice du groupement en 1972, ambitionnent de transformer leur terrain de 7 431 m² en un joyau architectural de 15 milliards de F CFA. Elles font alors confiance à M. Koffi Yao Richard, gérant de DIPIMO.
L’accord prévoyait une livraison au 2 janvier 2024.

Pourtant, quatre ans plus tard, le constat est amer : le marché a été rasé, mais les travaux n’ont jamais dépassé le stade du terrassement. Pire, le promoteur aurait collecté plus de deux milliards de F CFA auprès de souscripteurs pour des magasins inexistants.

« Le monsieur nous a trop blaguées pour bouffer notre argent », s’indigne Poné Lou Bonan, présidente de la COMAGOA. « Mais Dieu merci, notre avocat et la juge ont bien fait leur travail. »

Si le volet commercial semble clos, le volet pénal, lui, suscite l’inquiétude. Poursuivi pour escroquerie et blanchiment de capitaux, Koffi Yao Richard avait été placé sous mandat de dépôt en mai 2025.

Cependant, sa libération récente, qualifiée de « discrète » par les plaignantes alors que l’instruction se poursuit, crée un vif émoi.
« Il crie partout qu’il a les bras longs », rapporte une commerçante sous couvert d’anonymat. Face à ce qu’elles considèrent comme une impunité rampante, les femmes de la COMAGOA en appellent désormais à l’arbitrage de l’État pour que justice soit totalement rendue et que le chantier de leur vie puisse enfin sortir de terre.

Josué Koffi

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

Average Rating

5 Star
0%
4 Star
0%
3 Star
0%
2 Star
0%
1 Star
0%

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Previous post Gouvernance locale en Afrique de l’Ouest : Abidjan accueille un caucus stratégique pour redessiner l’avenir des collectivités